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 Ya tout un monde dans ma tête !

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Lia Hézandia
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MessageSujet: Ya tout un monde dans ma tête !   Mar 30 Aoû - 12:48

Bon, je précise que ces textes ont près de 4 ans... soyez indulgeants.

Bon courage ^^'


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Equilibre, Equilibre, Equilibre… Un mot qui régit de tout temps les esprits de notre monde, mais si compliqué à obtenir. Quelle civilisation d’ici ou d’ailleurs n’a jamais rêvé tutoyer cette perfection ? Toutes sont passées par là, malgré la tyrannie des égoïstes en sous-nombre mais tellement attentif à garder leur place de privilégiés…

Les Races, avant le premier conseil…

Avant la première ère, plusieurs races régnaient sur la planète d’Epthawers, les plus puissants, les Alinumes étaient crains par toute autre créature. Egalement appelés communément Démons, avides de sensations et respirant le chaos, ils n’étaient pas tous à considérer le mal comme un maitre. Les plus sages, bien que nerveux et irritables, défendaient des notions de dialogues et égalité. Mais peu d’entre eux parvenaient à contrôler leur gourmandise de chairs et de sang de façon suffisante, les autres races les considéraient comme des monstres, des bêtes cruelles assoiffées de sang tandis que pour la plupart de la race, ils ne faisaient que se nourrir. Ils peuvent ressembler à beaucoup de choses, parfois à des humains normaux, des yeux de chats de faucons, des dents acérées, les canines seules, des ailes à plumes à membranes, ou pour les moins disciplinés une apparence de créature irrégulière. Ils peuvent être de toutes tailles mais approchent plutôt la taille humaine. Ils sont régis par une famille antique, l’héritier étant toujours une héritière, étant moins impulsive et plus réfléchie que les mâles. Sous cette héritière les grandes familles jouent les conseillers, ils ont une armée qui ne trouve souvent pas d’ennemis à la hauteur. Les plus vieux démons peuvent vivre plusieurs milliers d’années, mais ils ne tiennent en général pas autant de temps, les mutineries, les bagarres et les guerres internes étant omniprésentes et première cause de mortalité au sein de ce peuple. Ils ne sont pas doués en calculs gestions ou même juste rancœur, le plus souvent instinctif et immédiat, il n’y a aucun moyen de dettes ou de crédit… Tout comme le pardon est une notion très compliquée, les avertissements et l’intimidation étant suffisent à leur yeux comme une juridiction suffisante, si cela ne l’est pas, une mort froide et simple ou avec une petite torture en supplément sert de punition. Economiquement parlant les notions sont les mêmes, pas de prêts, ils ont une monnaie de chair et de bon temps, le marché, toujours en nature, a souvent lieux tard le soir ou tôt le matin après la chasse. Vous les trouverez dans les grandes grottes aménagées, ou d’immenses maisons, vivant tous autour d’une grande famille dite « sage », la plus grande communauté, celle de la reine se trouverai dans la ville souterraine de Nirne, une cathédrale semi-enterrée.

Juste sous eux, une armée de parfaits soldats, les Belingos des créatures à la peau plus résistante que le métal, vivant exclusivement sous terre, ils se nourrissent de minéraux, les plus goûtus étant les plus durs et solides, ils ont une affection toute particulière pour les roches composites non friables, les plus chères étant les roches volcaniques les plus jeunes. Mesurant entre 2m et 3m50 une fois redressés, ils ne se tiennent cependant que courbés voire à quatre pattes, cette posture étant plus pratique quand à leurs déplacements. En effet, ne se déplaçant que sous terre à la façon des taupes, leurs longues griffes et leur forme leur sont de précieux outils. Ils sont disciplinés et orgueilleux, mais également violent et ronchons. On ne peut pas dire qu’ils soient de bons camarades de jeux, peu sensible à l’humour ou aux émotions pour la plupart. Les plus diplomates (bien que ça ne soit pas dans leur sang certains le sont) riront aux plaisanteries ou userons de mots développés pour plaire mais avec toujours beaucoup de maladresse. Ils ne sont pas particulièrement agressifs, mais il est très déconseillé de leur parler de travers ou se montrer hautain. Entre aux, ils répondent à la hiérarchie de combat, partant à leur naissance de simple soldat, beaucoup en meurent d’ailleurs, puis gravissant les échelons grâce à leur valeur au combat, leur obéissance étant quasi infaillible. Ils sont hermaphrodites, le taux de naissance très haut. Les moins combatifs étant tout de même inclus dans la hiérarchie en temps que mineur, ravitailleur ou d’autres nécessaires. Il n’y a donc pas d’économie à proprement parler, tous étant réglés sur le profil standard des rations et de leurs fonctions. Quand à leur notion de justice, tout fuyard, mutin ou traitre, sera condamné, en fonction de sa faute à mourir, réintégrer l’armée en cas de regret, ou être mis en première ligne, griffes arrachées. Ils cherchent souvent des ennuis aux démons démesurément gourmands et grossiers et ne s’intéressent pas particulièrement aux autres peuples sauf si on leur demande de l’aide. En ce cas, ils ne se font pas priés, ravis de pouvoir montrer leur dernière technique de combat, demandant cependant une petite contribution pour payer les messagers Falictars. Ils sont en plusieurs divisions, aillant souvent recours aux services des messagers pour la communication, mais le regroupement du Général étant dans les montagnes blanches.

Petits et aux yeux rond, les Clays Sont de puissants magiciens. Issus d’uns société très hiérarchisée et qui se veut unitaire, ils n’aiment pas côtoyer les autres civilisations qu’ils estiment barbares et peu raffinées. Ils sont terriblement timide surtout quand on les trouve mignons. Il est vrai que malgré leur forme de peluche et leur puissance, ils n’aiment pas être au devant de la scène. Ne se nourrissant pour la plupart du temps que d’eau et de végétaux, la viande n’étant là que pour combler leurs besoins physiques. Ils sont pourtant réputés pour leurs fêtes, bien que très fermées et secrètes, les écrits de la grandes bibliothèque, rédigés par les Clays, sont formels dessus, ils sont l’exemple même de la civilisation équilibrée mais tellement fermée qu’elle en perd son sens. Ils ne sont pas plus hauts que 1m et leur tête est très ronde. La hiérarchie des Clays est définie par la longueur des oreilles. En effet, sa majesté la reine Kleilon de 96cm a des oreilles mesurant près de 1m60 cependant personne n’a jamais eut l’honneur de les lui mesurer avec certitude. Ils aiment cependant rendre service, car dans ses moments là on ne leur demande pas d’être naturel ou d’être au premier plan, et cela ne déplait pas aux autres races. Leur justice est souvent basée sur le pardon bien qu’ils n’aient pas souvent à y avoir recours, chacun étant très accrochés à la bienséance. Ils ne s’intéressent pas à la richesse, mais ils tiennent très pointilleusement leurs comptes afin de ne jamais être en tors ou être surpris. Ils paient en or, en pièces sonnantes et trébuchante, il n’y a pas de banque car pas utiles, ni de coffres car pas de visiteurs ou de voleurs parmi eux. Ils vivent en peu de communauté, n’aimant pas se diviser. L’une d’entre elle étant dans la plaine de Mong, une autre dans la forêt d’Amynathi, la dernière sur l’ile de Krynh.

Une race souvent confondues avec les humains et les démons sont les Dulfings En effet, beaucoup pensent que cette race est née du croisement entre un seigneur Alinume et d’une de ses esclaves Humaine. D’autres pensent qu’il s’agit d’une création humaine qui aurait renié ses créateurs. Beaucoup d’hypothèses plus ou moins valables circulent mais aucune n’a été établie. Il est cependant indéniable que la race des Dulfings présentent des ressemblances avec l’être Humain : physiquement, ils leurs sont identique hors mis un petit détail propre à chaque clan, souvent une couleur introuvable chez les humains sur la peau, les cheveux, les ongles, les yeux etc … autant dire qu’ils pourraient passer pour des humains déjantés. Mais intérieurement tout est différent. Les organes sont organisés différemment. Ils n’ont nuls besoin de manger, mais boivent beaucoup, de l’eau, de l’alcool, des sirops, rien ne diffère, s’ils devaient jouer à « qui boit le plus » contre un humain, ils le battraient à plate couture. Hiérarchiquement, les Dulfings ne sont pas penchés roi reine et grands seigneurs, ils vouent allégeance à ceux qu’ils pensent digne et les allégeances sont souvent à double sens. Une autre forme d’amitié et d’aide très développée, une personne qui voue allégeance à un clan engage également tout son clan, l’esprit familial et de fidélité étant très poussé. Toute trahison à une promesse ou une allégeance entrainera un jugement fait par le clan trahis et le clan du traitre, le traitre se trouvant souvent tout seul face à deux clans d’accords sur un jugement impartial quel que soit le lien de sang. La peine peut aller des simples excuses avec un renouvellement de l’allégeance à la mort. Ils ne sont pas près de leurs richesses, leur système économique ressemblant là encore à celui des humains, mais ne sont pas préteurs, ne faisant confiance qu’à peu de monde, ils sont peu expressifs mais se laisse souvent envahir d’émotions. Les clans se mêlent souvent aux villes humaines.

Spectres, Fantômes, ombres, autant de qualificatifs pour le physique des Eaters, bonnes consciences, bonne étoile, petit doigts, intuition, autant de qualificatif pour leur activité sur le monde. Ils sont les yeux et les oreilles du monde, mais ils préfèrent rester invisible, les gens les voyant paniquant à leur vue. Et ce n’est pas étonnant : tous hauts de 1m80, vêtus d’une grande toge noire déchirée, flottant au dessus du sol, parlant en murmures et le visage invisible sous leur grand chapeau voilé, pour la plupart des humains, ils ressemblent à la mort ou un de ses envoyés. Ils ne craignent presque rien, ne se nourrissant pas, intangibles et insensibles, seules les émotions les atteignent. Ils meurent souvent d’ennuis et du coup passent leur temps à murmurer des conseils aux oreilles des personnes. Certains plus plaisantins que d’autres poussent les gens à des actions stupides mais se ravisent souvent ou ont des regrets, par conséquence, peu d’entre eux s’autorisent de tels humours, préférant plaisanter entre eux quand ils ont l’occasion de se croiser. En effet, ils ne se croisent presque jamais, on ne sait pas combien il en a, ils peuvent être une poignée ou un par humain, on se demande même si eux se voient quand ils sont invisibles à nos yeux. Ils n’y a pas de hiérarchie, pas de justice, leur vision de leur peuple tant très individualiste, une unité et vie de peuple n’étant pas intéressant, eux même n’étant pas poussés dans l’excès. Ils aiment se voir, se croiser, mais au-delà d’une demi-heure cela est déjà trop.

Grands et Cornus. Voila une description assez approximative et universelle des Falictars En effet les plus petits ne mesurent pas moins de 2m50, enfants ils naissent à 1m80 sans cornes. Leurs cornes sont très variables, en spirales, droites, arquées, lisses etc… Mais elles sont très importantes pour eux, brisez leur une corne par accident ou sans raison valable, et tout le peuple vous en voudra. Elles sont la dignité de leur porteur, en duel elles sont le trophée arraché du vaincu par le vainqueur. Ce sont elles qui détermine la place dans la société, plus le Falictar a de corne, plus il est haut gradé. Heureusement qu’ils n’ont pas les même notions esthétique que les humains ni le même mode de vie d’ailleurs. Ils sont messagers pour la plupart, passionnés par les légendes et les rumeurs mais très pointilleux dans leur travail. S’il leur est demandé de porter un message, ils se plieront en quatre pour que ça soit fait, en temps et en heure, toutes conditions incluses. Ils se nourrissent de toutes choses, viande, végétaux, minéraux etc … Cuis, mais étrangement cela fait grimacer les humains aussi omnivore. Ils sont tous regroupés dans le pays de Pyron.
Enfin les Humains, en bas de la chaine alimentaire, juste au dessus des animaux, sont plus faible de friable que le sable. Ils sont cependant considérés comme dangereux, les humains connaissant la faiblesse de leur corps peuvent développer toutes sortes de ressorts et de machines. Ils sont également très faibles en matière de moral, ils prennent peur à la moindre occasion la restituant sous forme d’agressivité. Ils furent longtemps réduits à l’esclavage notamment par les Démons. Leur histoire, bien que riche et tourmentée, a cependant perdu beaucoup d’écrits lors du premier conseil. Ces écrits, conservés à la grande bibliothèque, n’ont pas été relus depuis ce temps, les humains ne se souvenant même plus de leur existence.

Les Dieux et leurs croyants.

La nouvelle génération des peuples nient de plus en plus les croyances et les traditions de leurs aïeuls. Pourtant, Epthawers est bel et bien régie par des puissances. Une hiérarchie très particulière a été mise en place même au sein des entités supérieures. Le Dieux suprême, bien qu’étant une seule entité, peut-être à plusieurs endroits à la fois sous forme d’avatars. Mais il ne se montre que de plus en plus rarement, s’occupant de l’outre monde plutôt que du monde vivant. Ce monde vivant à été laissé à la charge de deux dieux majeurs, Rozarion, dieux du bien et Ilésia, déesse du mal. Mais ces qualifications sont inexactes. Chacun a à sa disposition ses Valankyr, également nommés à tords « dieux mineurs », des combattants astraux destinés à les aider dans leur tache. Enfin, le clergé et leurs croyants respectifs se divisent en plusieurs courants. Le Dieux suprême est surtout vénéré par les humains, ses différents avatars étant nommés soit « anges » soit « saints » ou tant d’autres noms nuancés, les humains se divisent en de multiples monastères, presque propres à chaque avatars, Rozarion est plus modérément vénéré, quelques Alinumes instruits ou des minorités des autres peuples se hasardent à le suivre, beaucoup par ignorances et d’autres par choix. Quand à Ilésia, beaucoup des Alinumes de bas étages lui vouent un culte dévoué ainsi qu’étrangement les Clays, instruits et incrédule ainsi que quelques érudits ou rats de bibliothèques chez chaque peuple. Car même si les deux dieux majeurs doivent assurer l’équilibre du monde, Rozarion se doit de limiter le Bien dans sa tâche et Ilésia doit détruire tout excès du mal. Ces taches étant mal définies dans les cultures des peuples, cela explique des différences de croyance entre les érudits et instruits et les simple croyants de chaque civilisation.

Le Dieu Suprême est peu connu, quoi que défendant les notions d’égalité, de Fraternité et d’Amour. Les textes parlent plus des deux dieux majeurs, communs à six livres sur sept. Rozarion, selon les écrits, aurait la forme d’un jeune homme d’une vingtaine d’année, cheveux longs blonds tirés en catogan, yeux clairs, faisant miroiter des galaxies des plus désirables. Il se pare souvent d’un sourire enjôleur et délicat, attirant mais fourbe dans l’âme. Il est calme et posé, sournois au possible, essayant d’abord de tenter les personnes à rejoindre le mal plutôt que choisir à les éliminer. Il apprécie grandement ses fidèles, les utilisant pour harceler ses cibles sous plusieurs formes. Son clergé lui reconnait beaucoup de qualités, il est, tout comme sa camarade, très à cheval sur l’équilibre et la complémentarité et ne fait pas passer ses désirs personnels au-delà de ses obligations. Bien qu’il estime son travail peu gratifiant, disposant de moins de fidèles que sa consœur, il n’est pourtant ni rancunier ni envieux. Bien qu’on puisse le croire, il n’est pas mauvais en lui-même, il choisit toujours la solution la plus délicate pour le résultat escompté. Il représente la liberté et l’amusement, mais également le pécher et la tentation. Il a neuf Valankyrs blancs sous ses ordres : Cleryn, Ajemna, Fleet, Kaja, Dumna, Beijin, Leana, Leany et Vahety.
Ilésia, quand à elle, est souvent représentée par une jeune femme du même âge, de longs cheveux d’ébènes lisses et des yeux verts. Elle ne sourit presque jamais, toujours très tourmentée et usée, elle est souvent énervée mais ne fait rien de déplacé. Son emprisonnement lui valut un changement notoire, désormais elle ne se balade plus que grâce à son avatar sur terre, le corps d’une fillette agonisante, identique hors mis l’âge. Ses pouvoirs, bien qu’aussi puissant, sont désormais divisés en deux, entre son corps d’adoption et son corps réel. Elle est malgré tout très sensible et se rappelle souvent pourquoi elle a prêté serment pour l’équilibre d’Epthawers. Elle tient beaucoup à son travail, mais n’a plus qu’un Valankyr, elle se charge de tout elle-même, aidée par son clergé le plus fidèle. Ses neuf Valankyrs noirs se nommaient : Lukin, Makke, Bluur, Decan, Prytan, Haïkin, Enma, Guyto et Fronn. Mais la rébellion changea tout. Extrait des Valankyrades.
« C’était un soir en 160 avant notre aire, le mois de Makke était à son summum et le froid tenaillait les peaux. Peu de personnes se hasardaient à sortir, même les prédateurs ne trouvaient pas la faim suffisante pour combattre le blizzard de la chasse. La déesse noire pouvait bien se reposer, le mal et le bien s’emblaient endormis eux aussi. Mais le doute rodait, semblant désirer frapper à tout moment.
- Vous ne semblez pas bien oh reine noire ?
- Tout va bien Guyto, mais ce calme ne m’inspire pas confiance, le froid qui a tout envahit est plus assassin que tous ceux que j’ai « remis sur le chemin »
- Allons ne vous en souciez point, les beaux jours reviendrons et vos fidèles ressortirons de leurs maisons.
- Je ne parle point de croyants ou de prière, grogna-t-elle, je parle du froid qui c’est instaurer ces derniers temps entre moi et mes Valankyrs… Que se passe-t-il Guyto ?
Le Valankyr hésita
- … Je ne sais pas mademoiselle, peut-être est-ce le temps peu clément aussi ?
- Peut-être… répondit-elle de manière peu convaincue mais terrassée par la fatigue de l’ennuie, puisse tes paroles être vraies.
- Reposez vous mademoiselle, les bons jours reviendrons…
Guyto déposa le repas tiède sur la table basse et sortit des appartements. Mais ce qu’avait dit la déesse le tourmentait, oui, lui aussi avait noté le changement, mais quand il avait demandé des explications, on lui avait rit au nez un peu plus tôt dans la journée. Qu’est ce qui pouvait bien se tramer ? Il se décida à repartir vers ses collègues au mess, décidé à obtenir des explications. Il les trouva, parlant à voix basse autour de la table puis ils se turent, le regardant. Ils savaient de quel coté il était, hors de question de partager leur plan.
- De quoi est-il question Bluur ?
- De quoi parles-tu ? On disait juste s’ennuyer.
- Allons, rétorqua Enma la seule femme à table, on peut peut-être se tromper ?
- Se tromper sur quoi ? Grogna Makke, il est aussi corrompu que…
- Corrompu ? interrogea Guyto.
- Tu compte rester là à servir cette fausse déesse alors que nous faisons exactement le même travail qu’elle ?
- Certes mais c’est elle qui reçoit les ordres et…
- Pour le moment ! S’enflamma Lukin qui c’était tut jusqu’à présent, le plus charismatique des Valankyrs noirs instaura le silence, si elle n’est plus, son altesse se devra de nommer un nouveau Dieu majeur !
Guyto fronça les sourcils, ainsi donc ils comptaient renverser la reine noire… Certes elle ronchonnait facilement, mais son travail était inconcevable pour un Valankyr. Il tourna les talons pour retourner aux appartements d’Ilésia. Il leur lança par-dessus son épaule, la voix calme, claire et trainante pour être comprit.
- Je suis le plus ancien des Valankyrs, même tous ensembles vous ne pourriez renverser la reine noire et son premier Valankyr.
Sur ce, il partit pour monter la garde au cas où son avertissement n’était pas assez clair.
Mais dans grande salle la discussion continuait. Le plan était déjà rodé, et même si la menace de Guyto avait troublé les esprits, Lukin avait réussi à garder ses troupes.
- Souvenez vous que si tout est bien suivit, ils ne pourront rien, Guyto a beau être supérieur, la reine noire également, s’ils ne peuvent nous atteindre nous serons vainqueurs…
Tous hochèrent la tête et trinquèrent pour sceller leur action. Ils se dispersèrent alors, descendant sur terre aux points stratégiques. Enma fut envoyée aux confins de l’Amynathi, Fronn en Mong et Makke en Krynh, afin de trouver les trois plus grands regroupements de fidèles Clays Lukin et les autres s’occupèrent des regroupements d’Alinumes et des minorités. La vue des Valankyrs emplirent les cœurs de douceurs et ils se mirent à prier Ilésia, en même temps. Dans sa tête, la reine noire entendait les voix se multiplier et hurler de plus en plus. Elle se leva en se tenant la tête, cette écoute n’était pas désagréable, mais tant de prières à la fois étaient troublantes. C’est alors que toutes les voix se changèrent peu à peu en cris de douleur, un mal de tête grandit en elle alors que le mal gagnait de plus en plus de terrain. Les Valankyrs s’en donnaient à cœur joie, ils torturaient les fidèles à la chaine et les encourageaient à faire de même pour sauver leur peau. La tentation et la peur montait à grande échelle, alerté par les cris de douleur, Guyto était entré en trombe afin de soutenir la déesse qui défaillait. La colère et la douleur emplissait la reine qui finit par disparaitre dans un bruit sourd pour se rentre sur terre espérant que le froid lui rendrait son esprit. Mais rien n’y fit… Les cris et le mal ne cessait d’empirer. Ilésia fut emportée à Amynathi et quand sa colère explosa, les corps tombèrent un à un, des bons des mauvais, elle ne savait pas s’il l’était devenus par choix ou par obligation. Elle partit ensuite à Mong, puis à Nirne etc… Elle fit ainsi le tour des endroits visités par ses Valankyrs, purgeant ceux qui torturaient et ceux qui étaient torturés, ne laissant à chaque fois que des champs de cadavres… Mais les Valankyrs observaient non loin, ravis du déroulement de leur plan. Quand enfin dans un grondement sourd, Ilésia disparut, rappelée par le suprême.
- Nous avons réussi ? S’enquit Decan, survolté par le massacre…
- Semble-t-il, répondit Haikin d’une voix gênée.
- Mais maintenant si Guyto devait tout dire ? Qu’adviendrait-il de nous ? demanda Prytan inquiet
- N’ai crainte, le rassura Enma, il ne dira rien, il doit être effondré pour le moment, et s’il dit quoi que ça soit, certes on pouvait rien faire contre elle et lui, mais lui seul ne posera pas trop de problème…
- Certes… Fit Lukin d’une voix pensive, mais je n’ai pas envie de prendre de risques…
Sur ce, il retourna à l’endroit où la reine avait disparut mais nulle trace du premier Valankyr, peut-être l’avait-elle désintégré lui aussi ? Une voix résonna cependant, les guidant vers une grotte, la grotte du Sliburn, un endroit réputé dangereux pour les mortels, une porte scellée s’ouvrit et le corps nu de leur déesse, enveloppé de bandages leur fut révélé. Elle était enchainée et semblait dormir.
Cette vue les firent frissonner, avaient-il réussis ? Le sourire satisfait de la reine noir les faisaient douter. La voix reprit, désignant non pas Lukin mais Haikin comme successeur sans plus de cérémonie au grand dépit des autres et grognements de Lukin. Tous espéraient avoir leurs droits sur le poste. Haikin, quand à lui, non content de sa nouvelle position s’étonnait et pestait après la faiblesse de ses pouvoirs, s’étant attendu à obtenir plus de puissance avec cette promotion… Mais rien n’y fit, la voix les ramena au temple et resta muette. Ainsi se termina le règne d’Ilésia tel que nous l’avions connu. » Mais personne ne vénéra Haikin, le culte d’Ilésia gardant son nom et sa déesse, aucune parole ou ordre ne parvint au nouveau dieu. Ils n’eurent pas de travail, confinés dans leurs appartements à ressasser leur colère et leur jalousie. Mais l’équilibre était cependant préservé, sans ce dieu factice. Le chapitre suivant, se rapporte au premier conseil.

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MessageSujet: Re: Ya tout un monde dans ma tête !   Mar 30 Aoû - 12:49

Le premier Conseil.

« Cela faisait plusieurs année que nous n’avions pas reçu d’ordre, je pensais réellement que tout cela n’était qu’une plaisanterie mais un ordre est enfin arrivé ! »
Lettre d’Enma à Lukin- an-1 avant la première ère.
« Le temps n’était pas très ensoleillé mais quelques rayons parvenaient à perser les nuages du mois de Leana. Un temps parfait pour faire sortir tout le monde de ses retranchements et procéder aux vrais changements. Des invitations ont été envoyés à chaque représentant des peuples, ils ne viendront pas tous mais le plus grand nombre serait de bonne grâces. Nul ne sait qui a envoyé l’invitation, mais partout dans le monde, les prêtres ont appelés à la présence. Peut-être est ce vraiment un but louable inspiré par les dieux ?
J’ai été assermenté pour conter ce conseil, moi, Marius, simple esclave humain, suis très honoré de ce message des Dieux. J’ai été le premier arrivé, bien en avance, la grande cathédrale St Lucée est vraiment splendide et immense, ses grands vitraux brisent les lumières solaires les plus agressives et réfléchissent les lueurs des multiples torches. Leur danse est vraiment enivrante et me fait pense au bonheur des soirées festives. Mais je crains qu’il n’y ait pas de fête ce soir… La nuit commençait à tomber quand les premiers invités arrivèrent, les esclaves humains les plus bavards, poussant à la rébellion pour la liberté, parés de vêtement propres et riche prêtés par les maitre Alinumes Non-invités. Viennent donc vers moi Pierre le pêcheur et Jean l’homme de main. Ils s’installèrent à leur place accompagnés par cinq autres compagnons que je ne connais pas, dans leur discutions j’entends les noms de Marc, Luc, Jacob et rien d’autre. Mon attention se reporte alors sur la porte principale qui vient juste de se rouvrir, laissant entrer Sa majesté la reine Alinume Nalida Hézandia, première démone majeure des âges, elle ne fait pourtant pas vieille. J’aurais aimé travailler pour elle, mais elle ne veut pas d’esclaves. C’est la reine incontestée depuis le suicide de sa mère la reine Enorial. Nul ne sait quel âge elle a mais elle ne fait pas plus vieille qu’une humaine de 18ans… Derrière elle, vient la crème des Démons. Mazym Van Kraüs Comtesse démoniaque, on raconte qu’elle fait travailler ses esclaves jusqu’à la mort pour donner leur chairs essoufflées à ses enfants. Vient ensuite le Duc Hernan Mac Spence, il n’est pas particulièrement cruel mais a un appétit effroyable. Et enfin le dernier des conseillers Alinumes Commandant Juck Polin, dirigeant des armées démoniaques. Je n’ai rien sur lui, hors mis que je l’ai vu de mes propres yeux s’emporter face à un esclave… Je n’aurais pas voulu être à sa place. Les trois conseillés nous dévisagèrent en se léchant les babines mais s’assirent avec un regard hautain quand leur souveraine les rappela à l’ordre. Le silence était pesant, il me paraissait que plusieurs heures étaient passées alors que la porte laissa entrer une nouvelle venue. La ravissante princesse Kleilon avait ravissamment coiffé ses oreilles en chignon elle était accompagnée de deux suivants aux longues oreilles, sans doute les doyens de Mong et Amynathi. Elle nous adressa un salut gêné et timide quoi que souriant. Puis les autres arrivèrent très vite. Quatre Eaters qui ne dirent ni bonjour ni leur noms, trois Dulfings, le commandant Belingo Ghuntg, et enfin cinq Falictars dont le grand Zyn et ses cinquante-trois cornes, une autre commençant à lui pousser au dessus du pouce…
Les représentants des sept royaumes étaient désormais présents et l’ambiance commençait déjà à se refroidir, les Alinumes et le Commandant Belingo parlant de façon plutôt agité de couardise et de guerre. Mais nous remarquâmes que tous les invités n’était pas présents… en effet, il restait huit places autour de la table, une autre à part, juste à coté des deux autres sur l’estrade, celles de nos hôtes. Le silence ponctué de murmures reprit, tous s’interrogeant sur l’identité des absents et surtout de nos hôtes. Huit personnes apparurent de nulle part et se présentèrent. Il y avait donc Lukin, Makke, Bluur, Decan, Prytan, Haïkin, Enma et Fronn. Tous se levèrent étonnés de la présence des Valankyrs noirs ! Le seigneur Haikin grogna cependant qu’on lui attribut « encore » le terme de Valankyr alors qu’il avait été promus Dieu majeur et en s’affligeant du fait qu’ils n’aient pas de place d’honneur. Un rire lui répondit depuis le fond de la chapelle, la sacristie étant ouverte et un jeune homme d’une vingtaine d’année se montra en remontant ses lunettes. Le souffle de certaines femmes de coupa alors qu’il leur lança un bonsoir radieux. Il rit à nouveau du Valankyr ou dieu et lui répondant.
- Une place d’exception pour toi ? Mutin allons… Vous avez uniquement été invité pour servir en cette soirée de changement.
Les Valankyrs ont tous palis et se sont empressé de s’incliner, même le simili dieu, priant le seigneur Rozarion de leur pardonner.
- Ce n’est pas à moi qu’il faudra demander cela. Milady, je vous en prie.
Il avait tendu son bras dans la pénombre et avait maintenant à son bras une fillette d’à peine 13ans d’âge, de longs cheveux ébènes lisse tombant sur ses épaules un sourire aux lèvres suivie d’un grand homme aux cheveux long bruns et au costume blanc élégant. Si c’était encore possible, les Valankyrs noirs pâlirent un peu plus alors que les invités, un à un conscients des êtres qu’ils avaient face à eux se prosternaient. Les seigneurs Rozarion et Ilésia étaient nos hôtes et s’installèrent a leur place d’honneur tandis que Guyto, le premier et dernier des Valankyrs noirs prenait également place en scrutant les autres d’un œil d’acier. Ilésia prit la parole, s’adressant d’abord aux traitres.
- Merci d’être venus… Vous êtes désormais sans pouvoir et au service de mon clergé, bonne vie mortelle…
Lança-t-elle avant de les renvoyer sans écouter leurs protestations. Elle s’adressa enfin à nous de sa voix d’enfant mélodieuse mais terriblement posée.
- Bonsoir peuples d’Epthawers, merci à vous d’avoir répondu à notre invitation. Je vois que peu ont osé décliner cela.
- Nous vous avons tous réunis afin de discuter des changements de votre monde. Continua Rozarion.
Nul n’osait dire mot mais on voyait déjà la Comtesse Van Kraüs montrer les dents, elle ne voudrait rien changer semble-t-il. Mais il s’agit là des dieux qui nous adressent un ordre, ils nous font l’honneur de se montrer à nous, nous ne pouvons que nous plier à leurs désirs… »
La suite du texte illustre les divergences entre les invités du conseil ainsi que les désirs des Dieux.
L’idée principale étant les déséquilibres fondamentaux de la société et les liens trop usés entre les peuplades, les dieux demandèrent plusieurs changements. La libération du peuple humain fût l’idée la plus controversée de la soirée, les Alinumes refusant de perdre leurs esclaves et les autres peuples craignant l’instinct grégaire paranoïaque caractéristique de la race humaine. Il était évident qu’un peuple asservit durant plus de 2000ans ne pouvait se relever aussi facilement sans tenir de rancœur à ses ravisseurs. Les Dieux furent pourtant catégoriques, il fallait trouver une solution pour que la race à part entière soit aussi libre que toute autre. Une prière se leva alors de l’assemblée, demandant une frontière entre les peuples supérieurs et les Humains, par sécurité, évitant ainsi les guerres. Les humains acceptèrent cette décision et les Dieux promirent une frontière parfaite. Les humains requirent alors que leur civilisation puisse repartir de 0, oublier toutes les années de servitudes afin de pouvoir lever une civilisation saine et sans traumatisme. Encore une fois, ne ravis par un tel engouement de la part des fidèles, les Dieux promirent aucun souvenir. Ilésia instaura une interdiction de chasse aux Alinumes, ils n’auraient désormais pas le loisir de se livrer à la chasse aux créatures pensantes et se limiteraient aux animaux. Les démons ne semblant pas d’accord avec de telles mesures, ce fut le choix de leur souveraine qui fut sans appel. Elle accepta chaque condition se portant garante du bon comportement de son peuple et de la contribution des Alinumes aux changements. Virent donc enfin le rôle des Eaters, autorisés à passé la frontière humaine mais uniquement de manière invisible, ils seraient les yeux et les oreilles qui assurerait la surveillance de tous les peuples, la police étant les Belingos, une armée suffisante à contrôler les débordements. Les Clays devraient s’ouvrir aux autres peuplades et contribuer aux équilibres magiques d’Epthawers. Les Falictars garderaient leur rôle de messagers mais en cas de contribution à l’ordre des peuples, ne devraient demander aucune rétribution. Enfin les Dulfings, seraient les êtres neutres chargés des jugements impartiaux, étant les seuls à n’être en guerre avec aucun peuple et disposant d’un système juridique prometteur.
Vint enfin la question de la direction, bien que le Dieu suprême et les deux majeurs puissent régir cela, la décision du suprême était de mettre un membre du peuple à la tête de tous, l’élever au rang de Dieux vivant mineur. Bien que le choix des Dieux étaient sans doute déjà fondés, chaqu’un essaya de se promouvoir, ainsi la Duchesse Van Kraüs se décrivit comme « parfaite » pour la mission, puissante et respectée. Ceci déplut grandement au commandant Polin qui répondit par la même description à son égard. L’unité entre les peuples commençait déjà à s’ébranler tandis que le conseil n’avait même pas été clos. C’est alors que la reine Alinume donna son avis dans le silence le plus complet. Contre toute attente elle demanda qu’un simple humain se trouve sur le trône, leurs ressentiments et émotions étant plus fortes qu’aucune autre peuplade, seul un humain pourrait comprendre chaque sentiment ainsi que l’enjeu de cet équilibre. Elle proposa également un nom… Ankhya la douce. L’intervention des Dieux la fit apparaitre parmi les invités. Elle avait la peau pale et les yeux d’un gris profond, elle ne semblait pas trembler ni avoir peur malgré le voyage étrange qu’elle venait de faire depuis les caves de Malikat. Elle s’inclina face aux Dieux seuls et attendit ce pourquoi elle était là. Ilésia se leva et la dévisagea, puis, avançant jusqu’à elle se saisit de son visage et plongea un doux regard dans le sien en murmurant des paroles à peine audible.
« Oh toi l’être choisis des peuples d’Epthawers,
Puisses-tu être un guide droit et doux
Car c’est en toi que je déverse
Mon pouvoir de courroux »

Rozarion reprit par la suite, les flots de son pouvoir se déversant dans les mains de la jeune fille.

« Accepte ce don que le Dieu suprême te fait
Montre la droiture et le calme à tes enfants
Régnant sur eux en maitre parfait
Mais aussi en serviteur aimant. »

C’est ainsi que naquit la première impératrice d’Epthawers et que fut clos le premier conseil et les règles fondatrices. La barrière fut érigée la nuit même et les souvenir des humains furent ensevelis à jamais, seul quelques esprits choisis furent épargnés et tenus au secret. Une nouvelle ère commençait.

La vie sur Epthawers après le conseil.

Les premiers récits parlent régulièrement de tension entre les peuples, ne sachant trop comment se comporter en société. Les Clays ne parvenaient toujours pas à sortir de leur ville mais communiquaient un peu plus afin de parfaire et consolider la barrière. Les changements les plus notoires se sont effectués au sein de la communauté Alinume se refermant sur elle-même et multipliant les débordements par la suite et la communauté Humaine reprenant son évolution à zéro.
Vers la fin des années 15 120 de la première ère, les diverses peuplades avaient enfin trouvé leur place, les humains avait créé des civilisations internes, avait créé des dialectes, renommé les villes et les mois, n’en comptant que douze désormais. Le système de mondes superposés paraissait sans faille, sans tourment et marchait à merveille.
Les récits indiquent presque une certaine connivence entre les peuples mais d’autres tensions naissaient. Les humains ne cessaient de se faire la guerre entre eux pour des questions de « races », couleurs, appartenance à des groupes ou autres différenciations mineures, encourageant donc les autres peuples à ne pas interférer et montrer à quel points des différences bien plus vastes et notoires étaient présentes. Parmi les plus connus, nous pourrons noter la guerre de sécession, l’esclavagisme des noir (nous noterons d’ailleurs à quel point un peuple sortant de servitude est prompt à la réaménager), la dite « première guerre mondiale », l’antisémitisme et la « seconde guerre » s’y rapportant ainsi que beaucoup d’autres trop longues à citer. Mais une autre espèce trouvait des différents, les Alinumes. C’est ainsi qu’en 16 020 de la première ère, on pouvait dénombrer plus de 50 groupes dénommés dont environs une dizaine dits indépendants. Les plus célèbres d’entre eux seraient pour la pluparts connus également des humains, signe de l’affaiblissement de la barrière, on peut donc lister les Vakst, dit Vampires pour les humains, dont le courant de pensée initial était de se nourrir également de sang d’Epthawersiens sans pour autant les tuer, les Lunariènes, dont les créations furent souvent nommée « Garous », une secte scientifique Alinumes concentrée sur la création de chimères notamment pour proposer à la société Alinume des denrées animales à la saveur Epthawersienne, viennent ensuite les Anguins, confondus avec les Anges, un groupe radical passant régulièrement la frontière afin de récupérer des extrémistes humains (appelés fanatiques) pour les ré-asservir. Bien que les autorités internes et externes face leur possible afin de limiter ces groupes séparatistes, la plupart n’ont pas été éradiqués.

C’est à partir de Leana 16 025 que l’on put voir naitre des événements communs aux peuples, à commencer par le Mémorial du Premier conseil. Erigé au centre de Pyron afin de ne pas attirer la curiosité humaine, un monument gigantesque en Oryongan blanc représentant l’impératrice ainsi que les deux Dieux majeurs, le mémorial se déroule en 3 jours au cours desquels les représentants des sept peuples discutent de l’efficacité des mesures prises. Le reste des invités fêtent la première ère et présentent, suivant chaque peuple, les évolutions de l’année. Ce sont en général les Falictars qui ont la charge de l’organisation car le festival se déroule en plein sur leur territoire.
Un an plus tard, on voit naitre les festivals culturels comme les duels musicaux de Kynt, où toutes les catégories musicales d’affrontent avec pour seul jury des humains (exclus dans toutes compétitions quand à leur condition), les festivals de la connaissances à Mong ou Amynathi récompense les plus instruits et les plus hétéroclites, les exploits multi-discipline dans les Montagnes Blanches récompensant les plus débrouillard dans plusieurs situations quelque soit la manière de remplir la mission, ou encore les Epthawersanges de Nirne, des combats épiques qui frôlent parfois la mort, mais le plus fameux est la rencontre dansante au palais de l’Impératrice, destinée rapprocher la souveraine de ses peuples. Plusieurs petites festivités sont nées par la suite sous le signe du suprême, de Rozarion, d’Ilésia. Tous plus prisés les uns que les autres, ils favorisent l’échange et le développement économique de toutes les nations. Chaque régime y est respecté et le peuple hôte se doit de respecter chaque particularité des invités. Peu de débordement sont à déplorer, chaque nation prenant ces rencontres très au sérieux, que cela soit en temps que participant ou spectateur.
Les epthawersiens sont bon public, se découvrant une passion commune pour les spectacles et les prouesses. Il n’est donc pas rare que certains tentent de passer la frontière au moment des festivités humaines. Quelques mises à dispositions furent mises en place afin d’autoriser quelques privilégiés à assister aux « Jeux Olympiques », au « Carnaval de Rio » ou « de Venise », aux « Awards », fêtes de Dax ou autres… Mais l’augmentation des abus et clandestins poussent les autorités à stopper en l’an 3 de notre ère. Mais de nos jours encore, des associations essayent d’organiser des « sorties » vers l’autre coté et bien que la sécurité soit bien plus sévère durant les manifestations culturelles humaines, certaines parviennent à passer.

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MessageSujet: Re: Ya tout un monde dans ma tête !   Mar 30 Aoû - 12:49

Genèse Alinume (extrait des chroniques Alinumes Livre I)



L’histoire d’un géniteur
Enregistrements du sujet #001XC4695
Entrée sonore 001

« Où suis-je ? Qu’est-ce ? Il fait froid ici. Pourquoi ces hommes me regardent-ils ? Ils sont habillés de blanc, c’est étrange, tous ces câbles me relient au haut de la capsule. Les hommes commencent à s’agiter, peut-être n’aurais-je pas dû bouger… Ils ont l’air heureux et apeurés à la fois. Laissez-moi sortir ! Qu’est-ce donc ? Pourquoi aucun son ne sort de ma bouche ? Suis-je muet ? Atrophié ? Je ne sais pas. Il faut que j’essaye de sortir d’ici, j’ai peur, je me sens mal.

Je me débats mais toujours aucun résultat, j’arrive à peine à faire des remous dans l’eau, pourtant cela a l’air d’effrayer les hommes qui m’observent et s’agitent. Ils s’approchent de moi avec une seringue, près d’un des tuyaux d’alimentation qui me relient à cette étrange cuve. Non, ne faites pas ça par pitié, non ! Je … ne veux… pas… mou… »

Entrée sonore 002

« Ou suis-je ? Ce n’est pas ma cuve… Il fait doux et c’est tout blanc. Il y a une maison avec un feu dansant et je suis dans un fauteuil… douillet ma fois.

- Il y a quelqu’un ?

Ma voix ? Elle est revenue ! La voix d’un homme. Peut-être n’était-ce qu’un mauvais rêve. Tiens ? Qu’est ce donc ? Un collier ? Quelque chose est écrit dessus : « Alister ; Sujet expérimental #001XC4695 » … Ah je vois… Mon nom… Alors tout ceci était bien réel ? Je suis vraiment une de ces créatures ? Cette cuve… est vraiment mon chez moi. Mais dans ce cas pourquoi suis-je ici ? La chaleur des flammes a l’air si réel ! Et si je me brulais ? Peut-être cela n’aurai pas d’impacte sur moi. Ma main, juste ma main, dans le feu…

C’est bien ce que je pensais, pas de douleur, juste toujours cette douce chaleur qui danse au creux de ma main. Tout ceci n’est qu’illusion… Je reste là, à faire danser ma main dans les flammes.

Aïe ! Mon dieu ! Ça brule ! Vite de l’eau ! Il faut que je … Ahhh… Ma main, elle est cloquée et sens atrocement mauvais ? Qu’est ce donc ? Quelques minutes plus tôt rien ne m’atteignait. Ils ont dû comprendre. Saleté… ça fait mal ! Que… Que m’arrive-t-il ? Pourquoi les murs s’évanouissent-ils ? »

Entrée sonore 003

« Qu’est ce donc encore ? Une maison ? Plus grande. Elle ressemble à une maison européenne. Comment sais-je cela ? Encore une de leur facétie je suppose. Il n’y a qu’une porte face à moi, je dois avoir atterrit dans un cellier ou je ne sais quoi encore. J’ouvre. Une table ? Magnifique, je commençais à avoir faim, peut-être ne m’ont-il pas nourrit aujourd’hui en sachant cela. J’ose espérer que cela aura un goût plus agréable que ce liquide qu’ils m’envoient dans le corps. Des chandelles, un poulet, ou peut-être une dinde, ça ils ne m’ont toujours pas renseignés la différence, ça sent divinement bon… En ais-je déjà mangé par le passé ? D’ailleurs pourquoi n’ai-je aucun souvenir de ce que j’étais avant cette cuve ? Peu importe… Les légumes ont l’air à tomber. Tiens ? Il y a deux couverts. Sans doute une image préconçue et… ah ? L’autre porte s’ouvre et… Oh ?! C’est une jeune femme, elle a les cheveux longs noirs et une peau claire. Ravissante. Pour une fois, ces hommes en blanc ont bien choisit leur image. Elle me regarde et semble avoir peur, étrange pour un objet virtuel.

- Qui êtes-vous ?

Elle parle ? Ha ha ! Les faiseurs me donnent du bon temps semble-t-il. Mais qu’est ce que je lui réponds ? Que je suis un mec plongé dans une cuve et que je rêve ?

- Mon… Nom est Alister enchanté… Et vous ? C’est chez vous ici ?

Elle semble à moitié se cacher derrière la grande robe qui lui sert de vêtement et répond d’une voix douce quoi que vibrante.

- N… non, je pensais que c’était chez vous ? Pourquoi êtes-vous ici ?

Aïe ! Que répondre ? Que je n’en ai aucune idée ? Oh et puis zut hein ! Ce n’est qu’un addon des faiseurs pour me faire passer le temps, au pire on pourra recommencer plus tard.

- En fait j’en sais vraiment rien voyez vous, moi, je suis dans une cuve et c’est des gars en blanc qui me font rêver alors bon… honnêtement, je ne vais pas m’en plaindre, j’ai un super repas en face de moi et une très belle jeune femme pour m’accompagner alors…

Je m’attendais à un rire moqueur, une crise de sa part qui me trouverait fou, mais au contraire, elle se dérida et poussa un soupir de soulagement avant de s’avancer d’un pas.

- Vous êtes un sujet d’expérience vous aussi ? Je pensais que vous étiez une… création.

Hein ? Je reculais d’un pas tant cette réponse m’étonnait. Soit c’est une création très bien faite, soit on est effectivement deux paumés sur ce serveur.

- Je pensais la même chose de vous, remarquez je trouvais cela étrange aussi qu’ils arrivent à faire une chose aussi bien que vous… Enfin… Non pas que vous soyez… euh… en fait je…

Que… pourquoi je bégaye ? Le fait de savoir que c’est une vraie femme me fait cet effet ? Oh merde alors ! Pourtant je n’ai pas les idées embrouillées, encore une idée des faiseurs ou juste une malformation purement humaine ? … ou autre chose… Je suis humain ? A l’origine je veux dire…

Elle se met à rire.

- Merci… J’ai… faim… excusez moi mais je ne tiens même plus sur mes jambes.

Elle s’installe à table. Elle a l’air gênée par sa robe volumineuse, peut-être n’a-t-elle pas l’habitude. Je m’installe à coté d’elle alors qu’elle se sert déjà et me sert en suivant. Hum… Pourquoi pas, mais l’idée de mangé m’était totalement sortit de l’esprit, rencontrer un autre vrai… euh… humain, ça, ça me file le moral !

- Quel est ton nom ?

Cette question me paraissait tomber sous le sens, après tout elle connaissait mon prénom, mais moi je ne savais pas qui elle était. Elle s’arrête, la main tendue vers le poulet – ou la dinde- un peu choquée, puis baisse la tête.

- Je n’ai pas de nom… Juste des chiffres.

- Dans ce cas je vais t’en donner un moi !

- Mais… pour quoi faire ?

- C’est de toi qu’il s’agit, pas de leur expérience, je préfère te parler à toi en temps que telle plutôt qu’à leur « chose ».

Elle semble gênée mais finit par accepter. Ah oui mais que pourrais-je lui donner comme nom ? Je la regardais, cherchant un indice dans tous les éléments qui me sont présentés. Elle avait des yeux d’un gris argenté, presque semblables à des perles nacrés à la lumière des bougies, ses longs cheveux de jais encadraient son visage délicat et inquiet, elle était fine et ses longs doigts me faisaient penser à des étoiles filantes.

- Je pense… Que Lunadea t’ira très bien, tes cheveux sont semblables au voile de la nuit et tout ce qu’on veut voir au final, c’est ton sourire pour illuminer la route de ceux qui sont perdus dans le noir…

Tien ? Il fait très chaud tout d’un coup, j’ai l’impression que ma tête va exploser et j’ai mal au ventre. Je… Rougis ? Je le vois dans le reflet d’un des plats, pourquoi ? À quoi ça sert de rougir ? Elle laisse un silence, les yeux posés sur moi et répète.

- Luna… dea ? C’est très joli, mais un peu prétentieux non ? Pour une fille comme moi, être comparée à la lune… Je suis bien plus colérique qu’elle.

- Hum… Lunadea Irae… C’est joli non ? Et puis…

- Non non… Luna ça ira… ça ira.

Elle avait rougit elle aussi, à première vue ce nom lui plaisait, mais elle était trop timide pour le porter. Je lui réponds alors que je l’appellerais comme bon me semble, Luna ou Lunadea Irae… Ou des fois juste Irae si elle était méchante. Elle rit de façon pudique et se remet à manger. Elle me demande à mon tour si je n’ai qu’un prénom, elle a appris que les humains ont à la fois un prénom mais aussi un nom qui définit leur famille. Je me mis à rire mais cette question me tourmenta longtemps… Oui… j’avais un nom… A-quelque chose… Ali…

- Alister Alinume…. Oui… C’est Alinume mon nom.

Elle parut surprise et sourit, accompagnant un petit « enchantée »

Entrée visuelle et sonore 006

C’est un immense manoir, la table est dressée comme chaque semaine, Alister sort du cellier à la même heure que d’habitude et attends patiemment. Lunadea apparait enfin et ils échangent un sourire accompagné d’un bonjour, ils s’installent tous deux et commencent à discuter de choses et d’autres, voila sept semaines qu’ils se sont rencontrer et déjà leurs rapports ressemblent à deux vieux amis. Ils se chamaillent, rient ensembles et parlent librement, ou presque. Notre homme a l’air bien plus heureux en sa compagnie que lors de ses multiples simulations. Son cœur accélère lorsqu’il est dans ce manoir, bien avant qu’elle n’arrive. Il rougit à ses remarques, il bégaie. Si on en croit les données que lui ont donné les scientifiques, c’est qu’il tombe sous le charme de Lunadea. Quelle idée idiote. A quoi est-ce utile ? Au contraire, ça le met mal à l’aise, ne l’aide pas particulièrement à se concentrer… pourtant, quand elle est avec lui, il est heureux même s’il sait que ce temps ne sera que très court.

- Je suis heureuse que vous soyez là Alister…

- Hein heu ?… Moi aussi je suis heureux d’être avec vous. Pourquoi cette… remarque ?

- Je ne sais pas, je me disais que cela était bon à entendre, nous somme seuls tout le temps alors pour moi c’est un moment privilégié celui que je passe en votre compagnie.

Alister ne put réprimer un sourire benêt. Il finit de manger et se leva, l’heure allait bientôt arriver et cela ne lui plaisait guerre. Il s’accroupit près de Lunadea toujours assise, qui, dans un mouvement de panique vibra d’incompréhension. Il posa ses main sur ses jambes et installa sa tempe tout contre ses doigts.

- Êtes-vous malade Alister ? Ne vous surmenez pas et…

- Non ce n’est pas cela… L’heure ne va pas tarder à sonner et je ne veux pas partir loin de vous… Laissez-moi… Juste encore un peu. S’il vous plait.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, Luna posant sa main sur la tête du jeune homme et le caressant doucement d’un geste bienveillant. Elle se pencha sur lui et lui murmura, ses lèvres effleurant légèrement sa joue.

- Savez-vous… Que cela fait mal de savoir que nous allons être à nouveau séparés ? Je voudrais que ce moment ne s’arrête point…

Alister ouvrit les yeux et redressa le visage vers celui de la jeune fille approchant ses lèvres des siennes. Il la désirait, voulait qu’elle puisse rester a ses cotés plutôt que retourner dans cette cuve froide, il ne voulait pas repartir…

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Dernière édition par Lia Hézandia le Mer 31 Aoû - 14:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ya tout un monde dans ma tête !   Mar 30 Aoû - 12:50

Premier Voyage


Entrée Visuelle et sonore 008

Il fait sombre, la tente est tout de même éclairée par une faible torche. Alister se réveille avec un mal de tête hors du commun, dehors règne un calme pesant, seuls quelques cliquetis d’armures et les murmures des gardes percent. Le jeune homme se lève tant bien que mal avant de voir les quelques hématomes sur ses bras, jambes et de sentir une large bosse sur son crane.

*Où ais-je encore atterris moi ?*

Il jeta un rapide coup d’œil aux alentours, une armure, une épée, une cape… Sans doute les siens. Un bruissement détourna son attention et les pans de la tente laissèrent entrer une jeune femme. Ses cheveux gris courts venaient en contradiction de son âge apparemment jeune. Elle devait avoir l’âge de Luna.

- Vous êtes vous remis Alister ? Ces ogres ne vous ont pas ratés.

Demanda-t-elle en observant les quelques blessures que portait le corps de l’homme. Celui-ci, sans doute par pudeur cacha son corps derrière un drap qu’il put attraper à temps.

- Ca va… Mais qui êtes vous donc ?

La jeune femme ne parût guerre surprise et poussa un soupir.

- Apparemment le dernier coup sur la tête a fait plus de dégâts que le prétendaient les prêtres… Mon nom est Ransar, Capitaine de la troisième division de l’armée… Et vous êtes Alister, Capitaine de la première… Vous souvenez vous du reste ?

- Pas vraiment, répondit le jeune homme stupéfait.

- Nous étions en mission avec la seconde division et le Capitaine Klan, il y a eut une embuscade… Vous êtes tombé en voulant sauver Klan… Heureusement que vous étiez là, sinon Klan ne s’en serait pas tiré…

Alister réprima un haussement de sourcils : il était capitaine, d’une armée dont il n’avait jamais vu la couleur et avait déjà sauvé quelqu’un. Mais il fallait jouer le jeu.

- Oui je me souviens maintenant, comment va-t-il ?

- Son état est stationnaire, les prêtres disent qu’il pourra être sur pied d’ici une semaine, mais d’ici là, on devra se débrouiller sans lui. Fit la jeune femme d’un air rassuré.

Elle se dirigea vers la sortit et lui lança en partant.

- Vous devriez vous hâter, votre cousine Avrona ne va pas tarder de revenir de sa mission, et je n’aimerai pas qu’elle retourne le camp entier parce que vous êtes souffrant… Vous savez à quel point elle peut-être colérique.

Alister resta seul quelques minutes. Une cousine ? Et bien, pour une fois les faiseurs l’avaient envoyé dans une vraie vie, avec de la famille et un passé. Il se dirigea vers l’armure et l’étudia… Comment enfiler une chose pareille ? Il prit son courage à deux mains et finit par s’y atteler. Quelques minutes plus tard, il pouvait juger à quel point, même bien mise, une armure aussi lourde n’avantageait guerre les mouvements. Il rengaina son épée et se félicita de l’instruction que lui avaient inculquée les hommes en blanc. Il sortit et porta sa main aux yeux. A l’extérieur la lumière était d’un doré somptueux le désert s’étendait à perte de vue même au delà des murailles du camp. Quelques soldats saluèrent le capitaine de manière officielle, d’autres lui adressèrent leurs vœux de rétablissement. Il n’avait pas fait une cinquantaine de mettre que la garde annonça le retour du sergent Avrona à la porte sud. Interloqué, il se rendit à la dite porte et attendit devant les gardes. Celle-ci s’ouvrit et laissa entrer une quinzaine de cavaliers. Parmi eux se trouvaient deux humains ligotés, l’un arborait une toge verte et de longs cheveux roux plutôt voyants dans un désert, malgré son visage efféminé, on pouvait clairement voir qu’il s’agissait d’un homme, quand à l’autre, cela s’apparentait à une femme, mais de très petite taille, une peau brune et des cheveux blonds. Les cavaliers s’écartèrent pour laisser passer un cavalier en particulier, sa vision glaça le sang du jeune homme, une masse vouté, bossu, encapuchonné, perché sur un cheval noir en caparaçon et suivit d’un énorme tigre noir. Il descendit de cheval qui poussa un cri strident et se dirigea d’un pas rapide vers Alister, ôtant au passage son capuchon afin de saluer dignement, à la grande surprise du Capitaine.

- Capitaine Alister, je me suis hâtée de rentrer lorsque j’ai eut la nouvelle.

Deux petits yeux Gris perles fixaient le jeune homme et de longs cheveux noirs redressés en Queue de cheval volaient au vent. Lunadea ? Mais que faisait-elle ici ? Et pourquoi Avrona ? Elle ne paraissait pas le reconnaitre, ou en tous cas pas en temps que lui, mais en temps que le capitaine, il la salua avec hésitation et elle se retourna, elle semblait ronger son frein par respect pour ne pas plus demander de ses nouvelles. Elle fit avancer les deux prisonniers et parla.

- Nous les avons trouvés à proximité du camp, ils n’ont pas d’eau sur eux mais ne paraissent pas être desséchés. J’ai préféré vous les amener car ils parlent de choses étranges… Je les amène dans la tente des interrogatoires… Je m’en occuperais moi-même pendant que vous vous reposez Capitaine.

- Ou… oui… Vous avez bien fait S… ergent ?

Appeler Luna ainsi lui faisait tout drôle, mais était-ce réellement Lunadea ? Elle lui ressemblait en tous points de la voix au profil, mais son expression était bien plus dure et elle était plus bossue qu’une coupole de cathédrale. C’était donc elle sa cousine ? Dans quelle triste comédie avait-il atterrit ? Il retourna dans sa tente pour réfléchir. Mais quelques minutes devenaient des heures et bien vite il finit par ressortir pour trouver la tente des interrogatoires, cela ne fut pas difficile, les cris de colères qui en émanaient faisaient rire une bonne partie des soldats, et Ransar était restée à l’entrée, elle se redressa en le voyant approcher.

- Vous avez mis plus de temps que je ne le pariais, je pensais que vous ne rappliqueriez qu’en deux minutes… Vous en avez tenu cinq bravos….

Cette fille lui déplaisait de plus en plus, elle avait un ton moqueur et raillant, il fit mine d’ignorer sa remarque et lui demanda.

- Comment est-ce que ça avance ?

- Hum… de ce que j’ai pu entendre, hors mis les cris de votre bienveillante cousine, je dirais qu’ils sont totalement dingues… Ils prétendent venir d’une forêt, qu’il y a une immense ville à l’est et… Ha oui, que les forces obscures ont été vaincues…

- H … ha oui quand même…

En réalité, il ne savait absolument pas de quoi il était question mais si cela paraissait si aberrant à Ransar, il y avait une bonne raison. Il pénétra dans la tente et Avrona se redressa, laissant voir les deux énergumènes, nus comme des vers, apeurés et à la fois heureux d’avoir un temps de répit.

- Soit la zone de vérité ne marche pas, soit ils sont bien trop puissant pour moi, soit ils sont totalement dingues.

Alister haussa les sourcils, décidément il ne s’habituait pas à la voir ainsi vêtue, en armure et le visage constellée du sang de ses ennemis. Ransar pénétra à son tour.

- Je vous l’avais bien dit, totalement dingues.

A la vue de la jeune femme, les deux captifs s’agitèrent, comme gagnés par une peur. Ils clamèrent le fait qu’ils ne disaient que la vérité. Le prêtre confia alors qu’il avait beau scruter leur desseins, ils n’étaient pas de mauvais bougres. Alister les regarda et leur demanda

- Quels sont vos noms.

Au regard du jeune homme, la mâchoire du rouquin tomba littéralement et bredouilla un petit « Cyran » et la petite répondit d’un air hautain et râleur « XIV »… Que d’étranges noms…

- Je ne pense pas qu’ils soient du camp ennemi, ils pourront nous êtres utiles.

A vraie dire il se fichait pas mal de ces deux là, il voulait parler à Luna, voir ce qu’il se passait ici, qui étaient tous ces gens. Avrona leva donc le menton et ordonna leur « libération » sous plusieurs conditions.

- Vous n’aurez pas votre équipement, et dès demain, vous vous entrainerez pour rallier nos rangs et défendre notre cause.

Des protestations quoi que faiblardes fusèrent et leur armure, dagues épées et tout ce qui était avec eux furent scellés dans un coffre. La jeune femme sortit et Ransar la suivit. Alister ne savait plus sur quel pied danser, c’était une tout autre femme qu’il avait face à lui, jamais Luna n’aurait obligé ce deux imbéciles à rejoindre une quelconque armée, et jamais elle n’aurait été sergent dans une armée non plus, il sortit et entendit des réprimandes.

- Vous êtes un soldat, pas une nourrisse, vous ne devriez pas le materner autant.

- Ce que je fais c’est uniquement dans l’intérêt de notre division, Capitaine. Nos hommes ont un dévouement sans borne au capitaine Alister, il ne peut pas se montrer affaiblit face à eux, leur moral n’en serait que plus atteint.

- Vous devriez pourtant vous contenter de faire seulement votre travail, vous avez beau être de sa famille même lointaine, vous ne lui arrivez pas à la cheville, alors laissez le gérer ses petits bobos tout seul. Sauf…

- Sauf…

- Si vous voulez que je m’occupe moi-même de lui, seriez vous apaisée ?

Ransar avait un air aussi hautain qu’à son habitude, mais un sourire était apparût sur son visage plus mesquin que jamais. Avrona serra les dents et se retourna, se retrouvant nez à nez avec un Alister surpris.

- Je… suivrais les ordres Capitaine…

Elle salua et s’en alla d’un pas rapide avant même que le jeune homme ne puisse dire quoi que ce soit. Les légionnaires lançaient des regards lourds de reproches à Ransar, apparemment, elle n’était pas plus appréciée par ses hommes que par les autres membres de la gente féminine. Alister lui lança.

- Avrona fait un très bon travail… Laissez la faire ce que bon lui semble durant ses permissions. De plus… je vous rappelle qu’elle est sous mes ordres…

Ransar laissa quelques secondes avant d’hocher la tete et demander.

- Qui parle ? Est-ce le capitaine ? Le cousin ? Ou un homme qui parle d’une belle femme ?

Son sourire narquois ne faisait que donner la nausée à Alister, il s’avança vers elle et lui lança, la dominant de par sa taille.

- A votre tour, gardez votre place… Vous n’avez rien à me conseiller, et rien à ordonner à mes hommes… Alors tenez vous en aux ordres.

Sur ce, il tourna les talons et s’éloigna. Cette femme lui sortait par les yeux, pourtant cela le mettait mal à l’aise de lui avoir parlé ainsi, mais qu’importe, il devait parler à Lunadea. Il chercha sa tente et finit par la trouver sans grandes difficultés, les murmure des gardes parlaient d’une colère ravageuse, et se demandait pourquoi diable la Capitaine de la troisième ne daignait pas la laisser en paix. Il entra dans la tente et fut accueillit à grand coup de table retournée et de coffres qui vint s’écraser à ses pieds. La jeune femme paraissait dans une colère noire mais se radoucit, paniquée à la vue du Capitaine.

- Pardonnez moi, je pensais guerre à vous blesser un peu plus, vous ais-je touché ?

- N… non je ne pense pas, mais je n’aurai jamais pensé voir cela en arrivant. Que se passe-t-il ?

Demanda-t-il simplement. La jeune femme parût honteuse et furieuse.

- Ne faites pas l’incrédule, vous avez entendu ce que la Capitaine Ransar m’a demandé… Je… ne pensais pas vous incommoder, cela n’a jamais été mon intention Capitaine.

- Je le sais Luna.

La jeune femme resta interdite quelques secondes avant de pousser un soupir triste.

- A première vue les Prêtres m’ont encore mentis, ils m’avaient affirmés que le coup que vous aviez subit à la tête n’aurait aucune conséquence… Mon nom est Avrona Capitaine, vous souvenez vous ?

- Ha euh oui pardon… je ne sais pas pourquoi je me suis trompé… Veuillez me pardonner.

La bossue sourit tristement avant de lui conseiller, officieusement, de bien vouloir aller se reposer et recouvrir ses esprits. Elle le raccompagna jusqu’à sa tente et le quitta à l’entrée, allant par la suite voir les hommes de son unité. Alister l’observa. Ainsi donc ce n’était pas Luna… Mais pourquoi avait-elle son visage ? Et pourquoi lui était-il un capitaine ? Elle avait l’air appréciée, quoi que Ransar puisse en dire, les hommes paraissaient à l’aise avec elle et même quand elle les réprimandait comme maintenant, ils restaient riants et de bonne humeur.

- Belle femme n’est-ce pas ?

Alister se retourna et se trouva face à un homme imposant, barbu à l’air paternel. Il n’eut le temps de répondre avant qu’un second plus chétif ne le reprendre.

- Mais enfin Commandant ! Ce n’est pas une façon de parler d’un de vos subordonnées, à son cousin de surcroîts !

- Haha ! Alors capitaine March ! Je n’ai jamais mis en doutes ni ses compétences militaires ni ses aptitudes ! Mais ce serait idiot de nier que c’est une très belle femme ! Vous ne la trouvez pas à votre goût Capitaine.

- M… Mais ! Ce n’est pas une question à poser ! Et je ne vois pas où cela nous mène !

Alister sortit de son mutisme, l’arrivée d’un commandant aussi… détendu était inattendu.

- Que puis-je Commandant ?

- Je voulais voir comment vous alliez Capitaine, en vue de votre mission pour demain, je me devais de voir de mes propres yeux quelle était votre condition.

- Je vais bien mon commandant, je suis suffisamment rétablit pour assurer mes fonctions, n’ayez crainte.

- Oh croyez moi, plus vous me dites que vous allez bien, plus je m’inquiète…

Le commandant s’en retourna aux stratégies et laissa donc le capitaine à ses pensées. Il ne savait que faire, Luna ne savait pas qui il était, lui-même ne connaissait rien du rôle qu’on lui avait donné de jouer. Il finit par se résigner à détourner le regard mais celui-ci croisa un regard furtif et fuyant du sergent qui se ravisa et en profita pour faire mine de crier après ses hommes. Alister émit un petit sourire qui se figea en croisant le regard de Ransar, tapie dans un coin, lui offrant du même coup un petit clin d’œil rieur. Décidément, il n’y en avait que deux, mais deux femmes suffiraient à lui donner mal à la tête.

Le jeune homme se déchargea de son armure et s’allongea, il n’était pas particulièrement fatigué mais tant d’émotions le laissaient vidé. Il se perdit dans ses pensées avant d’entendre un petit bruit devant sa tente.

- Heu… Puis-je entrer ? Fit une voix fluette quoi que masculine.

Alister se redressa et accepta. C’était le rouquin de tout à l’heure, qui avait retrouvé sa toge quoi que délavée et portant une bassine et un linge.

- On… m’a dit que vous étiez blessé… Je venais pour voir si je pouvais vous venir en aide ?

- Non merci…

Le garçon se posa pourtant à son chevet et tenta de lui humidifier ses quelques hématomes. Alister le repoussa un bref geste de la main accompagné d’un soupir d’agacement.

- Qu’est ce que vous ne comprenez pas dans la phrase « non merci » ?

Le jeune homme parut choqué, il resta tout de même agenouillé près du lit, les joues empourprées et la main hésitante.

- Dans ce cas je surveillerai votre état, comme cela s’il y a le moindre souci.

Alister se leva agacé, mais que voulait cet idiot. Il s’avança vers l’entrée de sa tente et demanda.

- Vous voulez m’être utile ? Allez donc monter la garde à l’extérieur de la tente…

« Ou allez crever la bouche ouverte dans le désert », les deux propositions convenaient au Capitaine, mais la seconde était fort désagréable, Le rouquin sembla pourtant ravi de pouvoir être utile et sortit sans histoire. Alister poussa un soupir déprimé avant de retourner se coucher.



- Mais qu’est ce que vous foutez là ?!

- Je venais juste voir si vous alliez bien Capitaine…

- Vous avez vu l’heure qu’il est ? Et vous avez besoin de pencher votre visage si près du mien comme cela ?! Dégagez ! je ne veux plus vous voir !

- M… Mais

- DEHORS !!!

Le cri alerta deux trois garde qui virent le rouquin sortir de la tente du Capitaine, à la fois triste et honteux. Alister, quand à lui, maugréa quelques insultes passablement disgracieuses avant de se recoucher. Le matin ne tarda pas à poindre, et le bruit de la garde vint réveiller le jeune homme qui, ayant passé une mauvaise nuit, abordait la journée avec une mauvaise humeur à toute épreuve. Il enfila son armure rutilante et sortit face à un remue-ménage hors pair, des rires, des huements, et des conseils en tous genres. En s’approchant, Alister reconnu le rouquin, affublé d’une armure aussi lourde que lui, et d’une faux. Face à lui, Avrona se dressait aussi haut que pouvait le lui permettre sa bosse, deux cimeterres aux mains, Alister fut cependant choqué par un détail, elle semblait tout ce qu’il y avait de plus bossue, mais l’avant de son corps n’était absolument pas plié, elle semblait se tenir droite, fière. Il avait beau réviser ses lois concernant le corps humain, c’était tout bonnement impossible. Mais avant qu’il ne puisse continuer le cours de sa pensée, le rouquin c’était jeté sur elle avec toute la vitesse que lui permettait son armure. Des cris d’enthousiasmes fusèrent de la foule qui semblait ravie d’avoir un divertissement mais le jeune homme ne paraissait pas de cet avis. Avrona évita la lame au dernier moment avec une facilité déconcertante, mais il fallait bien avouer qu’il était mal tenté d’asséner un coup aussi direct. La jeune femme en profita pour lui donner un simple coup de pommeau en haut du dos, sans doute juste pour lui signifier qu’il aurait été mort dans un combat réel. Mais le jeune homme ne semblait pas décidé à renoncé et d’un geste maladroit mais inattendu, il envoya sa lame chercher l’épaule du sergent qui, de façon plus surprise se courba pour l’éviter avec un soufflement de soulagement. Il ne se débrouillait pas trop mal, il faut avouer que dans son style il était aussi chaotique qu’imprévisible. Le combat changea peu à peu, là ou le début présentait une éducation militaire, la suite se transforma en échange de bruits de lames et d’armures entre choquées, il apprenait vite ce gars.

- Bien… Assez joué…

Avrona avait murmuré cela d’un ton joyeux, et d’un coup violent elle enfonça son épaule dans l’estomac de son adversaire qu’il fut projeté à terre. Fin du match, l’épée pointée sur la jugulaire du garçon en témoignait. Les soldats applaudirent et se mirent à rire du perdant. Mais la Sergent ne trouvait pas cela amusant.

- C’était pas mal pour un début, mais pense à user de tes sors de soins et de protection, si tu ne penses pas y arriver pendant le combat, fais le avant.

Un prêtre ? Voila pourquoi il avait proposé de le soigner. Mais honnêtement, Alister se félicita de ne pas être resté entre ses mains. Le second combat ne tarda pas à s’engager, à peine le prêtre était-il sortit du cercle qu’une petite masse sombre se projeta dans le dos de l’entraineuse, celle-ci se détourna dans un mouvement de surprise et essuya une plaie à l’avant bras avant de légèrement reculer. Beaucoup crièrent au scandale, attaquer un soldat dans le dos, voila qui était intolérable. Mais Avrona ne paraissait pas de cet avis et semblait même ravie de la vivacité d’esprit de la petite XIV, à cause de sa bosse elle avait un gros angle mort, et sa propre ombre avait dissimulé celle de la gnome. Le combat fut plus rapide, non dans la durée mais dans les mouvements, la petite masse profitait de la moindre occasion pour filer dans le dos du sergent pour lui asséner un coup bien placé. Le combat cessa lorsqu’Avrona en décida ainsi, elle lui offrit un joyeux crochet du gauche.

- Gardes plus d’atouts dans ta manche, ou varies tes attaques, elles sont trop répétées et si ton ennemi tiens plus de quelques secondes il comprendra comment tu attaques…

La gnome ne sembla pas convaincue par sa prestation mais cela semblait suffire à la sergent qui rengaina ses armes et s’en alla la tente du Commandant. Le jeune rouquin semblait lui aussi peu ravi, mais regardant Alister il lui offrit un sourire timide. La mauvaise humeur chez celui-ci repris le pas et lui-même partit rejoindre sa cousine.

- Belle démonstration, je ne comprends pas pourquoi vous n’êtes pas Capitaine également.

Lui confia-t-il dans un élan de compliment qui ne parût pas ravir la bossue qui répondit du même ton.

- Parce que j’ai décliné l’offre je vous le rappelle…

Alister tut sa surprise, refuser une promotion ? Quelle drôle d’idée.

- La raison de votre refus m’a d’ailleurs toujours échappée.

Avrona s’arrêta et poussa un soupir quelque peu exaspéré.

- Nous avons déjà abordé la question, j’ai mes raisons, et je pense être plus utile au contact de nos hommes plutôt que derrière des plans stratégique et à ne mener que quelques sergents qui feront le travail… Non pas que votre travail soit plus simple, loin de là, mais ce n’est pas ma façon d’être et puis…

Elle laissa un temps de latence et finit par continuer sa route sans terminer. Alister chercha à connaitre l’autre raison mais il n’eut aucune réponse. Son harcèlement ne prit fin qu’à l’entrée de la grande tente dans laquelle ils pénétrèrent. Ransar, le Capitaine March, deux autres du même rang et quelques sergents écoutaient les discours interminables du Commandant qui semblait tout faire pour retarder la réunion.

- Ah ! Notre blessé et sa seconde… Alors comment c’est passée la formation très chère ? Avrona salua et parla à voix haute.

- Très honnêtement, ils ont une formation aux armes de base, quoi que l’esprit du garçon soit un peu simpliste, je pense qu’ils pourront prendre les armes…

- Simpliste ?

- Il passe ses matinées à embrasser les rondins de bois et soigner un petit pissenlit. En temps que prêtre il se refusait à porter une de nos armures lourdes et par-dessus tout il pleurniche dès qu’on le menace… Honnêtement ils seront plus aptes à faire mourir d’ennui les trolls plutôt que les disséquer.

Quelques membres de l’assemblée étouffèrent des pouffements disgracieux et même le commandant ne put réprimer un sourire. Seule Ransar semblait impassible.

- Et bien cela vous fera deux effectifs de plus dans votre unité Sergent, s’amusa le commandant.

- M… Mais enfin commandant ! Je pense qu’ils perdent leur concentration dans cette division.

- Et moi je pense qu’ils ne sont pas les seuls à la perdre…

Ransar n’avait pu tenir sa langue et continuait de répandre son venin, sauf que cela ne fit rire personne, encore moins Avrona.

- Sergent Avrona, je pense qu’ils ont besoin de confiance, ils ont besoin d’espérer, et je pense que vous êtes la plus qualifiée pour cela… Vous êtes l’image de toute mon armée… Alors soyez en digne.

- O… Oui mon commandant, je ferais au mieux.

- Bien dans ce cas reprenons maintenant les nouveaux répartis. La Quatrième, cinquième, sixième et septième division se joindrons à la bataille avec l’armée du commandant Mc Hurt. La seconde division intégrera ma garde personnelle en attendant le rétablissement du Capitaine Klan. La première et troisième ont droit à une mission toute particulière.

Alister parût étonné.

- Quel genre de mission mon commandant ?

- Hé bien, de votre résultat dépendra l’issue de cette bataille. Il s’agit de récupérer la cargaison d’un convoie qui est prévu sur la crête nord.

Si l’ennemi parvient à l’acheminé dans ses rangs, notre armée sera décimée, si par contre Ransar parvient à en user avant la fin de la bataille, la victoire est assurée.

Avrona lança un regard peu rassuré à son cousin qui le lui rendit bien, oui, Ransar comme espoir cela n’était pas de bonne augure. Le commandant rappela l’attention de l’assemblée.

- La première sera divisée, l’unité Une prendra la route à l’est, la seconde la route sud est, la troisième la route rocheuse – pensez à alléger vos équipements – la quatrième la route sud et la cinquième la route ouest. Voila. Quand à la…

- Une seconde commandant… l’avait interrompu Alister, et mon unité, la sixième ? Où devra-t-elle se placer ?

Un léger silence fit rapidement place à la voix paternelle du vieux bonhomme.

- Elle sera de réserve au camps… Vous ne participerez pas à cet opération Capitaine, je préfère que vous récupériez toutes vos forces pour la prochaine bataille.

Un lourd silence s’installa, Alister était mis au placard pour la prochaine bataille, et malgré les protestations du jeune homme le commandant n’en démordit pas.

- Quand à la troisième division donc, elle interceptera le chargement par la route sud ouest… s’il n’y a aucune remarque pertinente, la séance est levée, allez préparer vos hommes.

Tous les gradés saluèrent et sortirent de la pièce, seul Alister demeura interdit et finit par reprendre la parole quand le calme fut revenu.

- Mon commandant, je ne mets pas en doute vos compétences militaires, mais je suis en mesure de me battre, je ne peux instamment laisser mes hommes au combat sans y participer.

- Alister, fit le vieil homme en se retournant, vous êtes un grand combattant, si la bataille devait mal tourner, ou que votre santé n’était pas aussi stable que prévue, je préfère ne pas montrer aux yeux de tous votre faiblesse, le rôle des gradés est de diriger certes, mais également de galvaniser les troupes, si notre meilleurs soldat tombait au champs de bataille demain par pur empressement, cela serait très vite le chaos. De plus… Votre cousine serait capable de m’assassiner juste pour ne pas vous avoir préservé…

Alister ouvrit la bouche puis la referma. Du coup qu’avait-il à faire ? S’il ne pouvait combattre, allait-il faire le pied de grue toute la journée en attendant de revoir les troupes blessées et bien entamées ? Il n’y avait cependant rien à dire.

Il sortit avec toute l’amertume que contenait son corps.

- Cela n’est pas une mauvaise décision, il y aura d’autres batailles où vous vous illustrerez comme par le passé mon Capitaine, fit une voix féminine non loin.

Avrona l’attendait malgré les regards réprobateurs de Ransar. Le jeune homme poussa un soupir de fatigue.

- Il n’est pas tant question de m’illustrer, mais de soutenir nos hommes.

- Votre santé les soutient comme il se doit, restez en vie, c’est ce qui importe pour le moment… Et honnêtement, je me range de l’avis du Commandant, il sait voir un homme affaiblit.

Alister resta quoi alors que la jeune femme s’éloignait en direction de son unité. Au loin, Alister l’entendit parler aux hommes, d’une voix franche et sans faille, du plan. Aucun ne demanda après le capitaine tant les regards de la jeune fille était réprobateurs, ils savaient que c’était un sujet tumultueux semblait-il.

La nuit tomba très vite sur le camps, entre l’entrainement des soldats et des nouvelles recrues, Avrona n’était pas approchable, très demandée et très appréciée, elle dû remettre plusieurs soldats dans les rangs.

- Est-ce vrai qu’il s’agisse de votre cousine ?

C’était le rouquin qui s’était glissé derrière. Alister ne l’avait pas entendu et se contenta de lui répondre par un bref hochement de tête bien qu’il ne sache rien de sa relation avec Avrona. Le jeune homme parût soulagé et vint se placer à sa droite.

- Pourtant vous ne vous ressemblez pas du tout…

- Je vous demande pardon ? Nous ne sommes que cousins, pas frère et sœur.

- Peut-être bien, mais vos teins de peau sont très différents, vous l’avez plus doré, elle est si pâle, et vos cheveux, les vôtres sont d’un blond qui rappelle les rayonnements du soleil sur un champ de blé, les siens sont plus noirs et sinistres que la nuit et puis… Continua-t-il en baissant la voix, elle est bossue comme on en voit rarement, même, pour son âge c’est très rare.

- Et bien faites-vous à l’idée qu’elle est ma famille… Et cessez de parler d’elle comme si elle était laide.

Le jeune homme rougit et baissa un peu plus la voix.

- Non je ne dis pas cela mais… Comparée à vous elle n’est pas plus belle qu’une autre.

Alister resta muet. Mais qu’est ce que c’était que ce prêtre ? Serait-il en train de lui faire la cour ? Aucune chance ! Alister lui ordonna d’aller se reposer et partit se coucher sans demander son reste, un mal de ventre le tenaillant soudain. Les pensées tournoyaient dans sa tête que faisait-il ici ? Et surtout que ce passait-il ? Que voulait cette Ransar ? Et pourquoi fallait-il que ce rouquin lui colle aux pattes ? Et Avrona… Etait-elle Lunadea ou une simple image ? Un bruissement de toile le tira de sa rêverie. Ransar… Quand on parlait du loup… La jeune femme ne revêtait pas sa cuirasse habituelle, mais une simple toge grise. Elle n’avait pas dû passer inaperçue dans cette tenue dans tout le camps. Pourtant Alister fut troublé, que venait-elle faire ici ? Celle-ci s’approcha et il finit par bredouiller.

- Que… que faites vous ici ? J’ai besoin de me reposer…

Celle-ci lui sourit.

- Allons allons, pourquoi employez vous ce ton impétueux ? N’oubliez pas notre accord.

- Hein ? Mais… quel accord ?

- Ha oui… le coup sur la tête… Vous n’oubliez que ce qui vous arrange. Bien, dans ce cas reprenons.

La jeune femme se pencha sur lui, et malgré le fait qu’il recule elle parvenait à s’accoler à lui et lui souffler à l’oreille.

- Je sais tout de vos origines… De votre sang sorcier… Et de votre réel grade… Cela tuerait Avrona de tout savoir, de savoir que votre sang fait de vous son ennemi… Imaginez qu’elle ait le choix entre vous tuer et vous voir tuer… Difficile n’est ce pas. Le sang du jeune homme ne fit qu’un tour, il était une créature noire ? Il resta figé alors que la femme aux cheveux argent continuait à lui murmurer.

- Vous m’avez très mal parlé hier, mais bon… je mettrais ça sur le compte de l’amnésie… Mais souvenez-vous, tant que vous voudrez vous protéger et la protéger elle… Vous serez ma chose, vous m’appartenez.

La situation se compliquait de plus en plus, il devait jouer entre plusieurs secrets et devait gérer cette situation s’il voulait avoir le dernier mot, s’il voulait sortir de ce cauchemar et s’il voulait ne pas tuer l’éventuelle Lunadea.

Ransar lui colla un léger baisé amusé sur la pommette alors qu’il détournait la tête d’un air dégouté. Cette femme était une vraie harpie, elle avait fait de lui sa chose et le faisait chanter sans remords… Pire, elle se jouait d’Avrona et cherchait à l’écarter. Elle se détourna de lui en riant et repartit vers la sortie.

- Attendez… Vous aviez parlé de mon rang réel… Quel est-il ?

Ransar resta sans piper mot et lui fit signe que c’était un secret avant de sortir. Alister retomba lourdement sur sa paillasse et cette histoire devenait bien trop compliquée à son goût. Le sommeil finit par le rattraper alors que la lune était déjà haute dans le ciel et ses rêves furent embués par les tracas de sa nouvelle vie. Il pu voir son nom, suivit de la dénomination « voyageur de temps » à coté de lui Lunadea portait le titre de « Voyageuse de destin » puis tout redevint noir.

Au petit matin, les cri des chevaux le réveillèrent il sortit de sa tente en hâte, il arriva à temps pour voir sa division harnacher les chevaux et enfourcher les bêtes.

- Je suis heureuse que vous veniez saluer les hommes avant leur départ, cela les emplira de fougue pour les combats.

Le destrier noir d’Avrona c’était approché, la bête fougueuse ne semblait tenir en place que par crainte de l’autorité de la jeune femme. C’était une puissante monture, prompt à foncer vers le danger si sa cavalière l’exigeait. Le Tigre noir s’avança à son tour et contre tout attente se frotta au jeune homme pour recevoir une caresse encourageante. Alister lui frotta la tête en répondant à sa cousine.

- Prenez soin de vous et des hommes, et revenez tous entiers.

- A vos ordres mon Capitaine.

Elle salua et d’une voix forte annonça le mouvement. Elle se plaça en tête de colonne et fit avancer son unité. Le jeune homme resta là, attendant qu’ils ne soient plus qu’un point dans la poussière du désert, priant pour que tout se passe bien. Toute la journée durant, il tourna en rond, guettant le moindre signe de retour, parfois il entendait un bruit de combat, mais peut-être était-ce aussi le fruit de son imagination. Il finit par se décider à se mêler vaguement à ses hommes, voulant savoir comment eux prenaient leur mise à pied. Ils semblaient déçus de ne pouvoir se joindre aux autres mais comprenaient la décision du Commandant, Alister était plus important pour tous que leur propre petit orgueil. Ils finirent par discuter entre eux et le jeune homme, silencieux, resta attentif.

- De toutes manière, il ne peut rien arriver aux autres… Ils ont l’ange de la mort avec eux, fit l’un d’un air jovial.

- Oui ! Mais il faut avouer que le capitaine Ransar est une combattante bien plus puissante, même si personne ne l’apprécie.

- Plus puissante peut-être ! mais c’est la seule des gradés qui à elle-même tué des membres de sa propre compagnie, « dommages collatéraux » qu’elle disait.

- Les pauvres… C’est un vrai supplice d’être dans sa division, c’est vrai, déjà qu’on risque de mourir à chaque combat, eux ils doivent aussi craindre leur propre capitaine. Je ne supporterais pas, moi, d’avoir un supérieur aussi mauvais. Et vous Capitaine ? Il paraît que vous l’aimez bien vous ? Vous n’avez pas peur d’elle ?

- Peur ? Bien l’aimer elle ? Honnêtement, si je l’aimais bien, je ne me rappelle pas pourquoi… Elle est assez… odieuse… Mais c’est ma collègue, il n’y a rien à redire.

- Mais tout de même, ce qu’elle fait subir à notre ange c’est de la méchanceté pure moi je dis.

- Oui, ce matin encore je l’ai entendue la réprimander à votre sujet Capitaine, encore une histoire qui sert à rien.

- Moi je pense juste qu’elle est jalouse.

Les potins allèrent bon train, et Alister eut le sentiment de disparaitre à mesure que les hommes parlaient de lui, Ransar et Avrona. Il semblait que les hommes avait sa cousine en respect et dans leur cœur, ils l’avaient surnommée l’Ange de la Mort de manière affective. Ransar par contre ressemblait à une harpie sans cœur qui prenait un malin plaisir à tyranniser l’autre jeune femme, leur grade le permettant. Alister ne voyait toujours pas pourquoi Avrona avait refusé d’être promue. A écouter ses subordonnés, elle était appréciée et excellente combattante, peu des soldats la dénigrait et nombre d’entre eux donneraient corps et âme si elle le leur ordonnait pour le bien de l’armée. Mais peu d’entre eux ignoraient aussi la relation étrange entre elle et son cousin, certains prétendaient qu’ils étaient amants, d’autres que ce n’était qu’une idée et que la dévotion de la jeune femme n’était que pure loyauté, d’autres encore trouvait cette relation amusante. Les ragots fusaient et certains tentaient même de faire avouer à Alister diverses choses. Mais le silence du jeune gradé les fit vite changer de sujet. Celui-ci s’éloigna alors qu’ils abordaient le goût exécrable des rations militaires du camps. Il marcha peu de temps avant d’être secoué par le son du cors, la garde annonça le retour de la première et la troisième division. Sentant son cœur s’emballer et il se mit à courir à la suite de ses hommes qui se précipitaient déjà sur les chevaux revenus du combat. A mesure qu’il se rapprochait les dégâts lui apparaissaient, plusieurs hommes blessés, des cavaliers rentrant sans chevaux, des hommes dépourvus d’armures ou d’autres avec une partie de leur équipement en moins. Il la cherchait des yeux, mais ne la trouva pas dans ce nuage de poussière, de cris de douleurs et… de pleurs. A mesure qu’il avançait dans la foule une voix, se fit entendre.

- Empêchez-le d’approcher !

Ransar avait donné un ordre et, chose étrange, la plupart des hommes obéirent d’un air triste et désolé mais sans manquer de conviction. Plusieurs soldats se mirent en travers tentant de le raisonner pour qu’il retourne à sa tente mais ses yeux se posèrent sur le caporal, un Soldat qu’Avrona avait choisit pour la seconder dans les manœuvres délicates, et sur l’étrange paquet qu’il portait dans ses bras, un corps, emmailloté des pieds à la tête dans une cape. Leur regard se croisèrent et celui-ci se mit à fuir le regard du capitaine, il avait les yeux rouges de tristesse comme s’il ne s’autorisait pas à pleurer le corps qu’il tenait dans ses mains, puis, lentement, il se dirigea vers le temple suivit par les quelques hommes qui le voulaient.

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Dernière édition par Lia Hézandia le Mer 31 Aoû - 15:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ya tout un monde dans ma tête !   Mar 30 Aoû - 12:50

Alister ressentit un coup de poignard, il craignait ce corps, dans un excès de rage il poussa un grognement bestiale.

- Laissez-moi passer ! Dégagez !

Certains des hommes qui tentaient de le retenir tombèrent au sol alors qu’il se jetait sur le linceul. Beaucoup tentèrent de l’arrêter mais se fut Ransar qui s’interposa à cheval.

- Vous n’approcherez pas, retournez à votre tente Alister.

- Hors de ma vue ! Vous n’avez aucun ordre à me donner !

Assenant un coup aux naseaux du bestiaux il parvint à profiter de la surprise de celui-ci pour se faufiler. Tout sembla s’arrêter alors qu’il se tenait devant le linceul, les hommes ne faisait plus aucun bruit et attendaient avec appréhension la suite, certains cherchant un endroit où se cacher rapidement si besoin, d’autres se préparant à se jeter sur le Capitaine. La main tremblante, celui-ci écarta doucement la cape qui laissa lourdement tomber une aile blanche maculée de sang d’une taille impressionnante. Mais malgré la surprise, Alister n’en tint pas grandement compte, il écarta doucement la seconde pour découvrir le corps sans vie du fameux Ange, Avrona gisait, la chair tailladée de toute part, l’armure brisée. Son ventre portait une plaie béante cerclée de sang coagulé et ses yeux clos portaient les marques de doigts qui les lui avaient fermés, sans doute ceux du Caporal. Un cercle c’était formé autour de lui, aucun homme ne voulait rester à porter de frappe.

- … Comment cela c’est-il produit ?

Murmura-t-il à l’attention du caporal ou d’un quelconque homme qui l’entendrait. L’homme tenta de répondre ma sa gorge nouée ne laissa échapper aucun son et c’est Ransar qui finit par lui raconter de sa voix horriblement détachée.

- Ils avaient trouvé la cargaison avant nous, elle était escortée de six aberrations dont le cri détruit ce qui n’est pas organique, ils ont détruis quelques armures et fait fuir quelques chevaux mais votre division a eut raison d’eux. Elle allait terminer sa mission mais un démon chasseur les a débusqués. Votre Sergent voulait protéger ses hommes et son plan aurait pu marcher si… si le rouquin connaissait son travail. Il ne l’a pas soignée alors qu’elle le demandait et voila le résultat. Mais rassurez vous, je suis parvenue à occire la bestiole d’une petite pichenette.

Alister leva les yeux, non, elle ne lui avait rien épargné, ni le mépris qu’elle avait pour sa cousine, ni la moquerie que celui lui inspirait. Il désirait tant l’étrangler mais autre chose attira son attention, une chevelure rousse tenue par deux soldats. Une bouffée de vengeance lui monta dans les yeux, ce maudit prêtre avait tué Lunadea, la question qui taraudait d’autant plus le jeune homme était l’avait-il fait exprès ? Mais il aurait sa vengeance plus tard, il prit le corps de la jeune fille des bras du caporal et se dirigea vers l’intérieur du temple. Les statues elles même semblaient se recueillir, un prêtre accouru et fit signe à Alister de déposer le corps sur l’autel. Il obéît à contre cœur et regarda le doux visage de sa bien aimée, elle ne lui avait jamais parût aussi belle, étaient-ce les ailes blanches qui lui allaient à ravir ou la mort qui lui allait si bien ? Peut-être les deux ma foi, on aurait dit une fleur fanée et on ne pouvait que regretter de temps ou elle était fraiche et magnifique. Alister priait en silence que les scientifiques la ramènent, que ce ne soit que le programme qui face cela et que la vraie Lunadea soit en vie. Cela lui donnait un peu d’espoir, de penser que tout ceci n’était qu’illusion. Pourtant un détail attira son attention, au cou de l’ange on pouvait voir un petit pendentif, caché sous sa tunique, Alister le saisit et pût lire #01XX2302F, son esprit le traduisit directement : « sujet d’expérience numéro 1, Vingtième tentative, sujet de 23ans femelle » C’était celui de Lunadea Irae, ils en avaient parlé lors d’un repas qu’ils avaient eut. Il tata son pouls… rien… Finit, elle était belle et bien morte. Ses jambes se dérobèrent et son visage creusé resta en contact avec la main froide et raide de l’ange. Il pleurait, ses sanglots se faisant de plus en plus sonores, mais personne ne s’en souciait car toute la division rassemblée et quelques autres hommes gémissaient également. Les blessés refusaient d’aller se faire soigner sans rendre un dernier hommage à leur ange, mais aucun ne voulait prendre la place du Capitaine bien que le baise main aurait-été pour beaucoup le geste le plus honorable pour leur sergent, une militaire disciplinée et loyale, une vaillante combattante et une femme splendide et droite. Une dame qui prenait soin d’eux et qui ne sera plus là. Leurs cris et leurs pleurs montaient dans la coupole de pierre et produisait un écho tumultueux à faire trembler le métal et les dieux. Les prêtres entamèrent les prières rituelles et la veillée funéraire pût commencer. Avrona était une fervente croyante du dieu dragon, dieu du vent qu’elle vénérait afin qu’il apporte la protection à l’armée et offre une certaine quiétude au sein du camps. Au fond, aucun autre homme de la division n’était mort, peut-être son dieu lui avait accordé ce qu’il fallait de protection mais c’était sans compter sur l’incompétence du prêtre de la nature. Le deuil devait durer 5 jours, après tout elle était une figure emblématique de l’armée, leur ange. Tous restèrent là, pleurant et priant pour le salut de son âme et, tel son désir, qu’elle ait l’honneur de se réincarner en dragon d’or.

Le lendemain, le temple c’était vidé, mais il y avait toujours quelques soldats, venant à tour de rôle se confesser à la défunte, lui dire en privé ce qu’ils auraient aimé lui dire. Alister évitait le rouquin, un assassina dans les rangs serait mal vu. Il n’allait plus manger, au grand désarrois du commandant, il passait tout le temps qu’il avait de libre au chevet de sa cousine, restant silencieux. Son corps avait été lavé et paré d’une magnifique robe blanche par les quelques femmes du camps. Nul ne pouvait se douter qu’elle avait encore de multiples blessures sous ses volants de tissus. Alister lui baisa le front et s’apprêta à partir quand le haut prêtre l’arrêta.

- Toutes mes condoléances Capitaine. Je crois savoir qu’elle était importante pour vous.

- Ma seule famille… Elle était très importante.

- Pouvons-nous discuter quelques minutes ?

- J’ai du travail et les hommes ont besoin moi, elle a donné sa vie pour eux, alors je…

- Et si elle avait les moyens de s’occuper d’eux par elle-même ?

Alister resta interdit. Il ouvrit la bouche sans qu’aucun son ne pût sortir. Le haut prêtre lui fit un signe vers les bancs de prière. Ils s’installèrent et devant le mutisme de son interlocuteur le clerc lui exposa son idée.

- Il existe un moyen de la ramener, mais cela nécessite beaucoup de chose, grâce aux dons qu’elle a fait de son vivant nous avons pût acheter un focaliseur, un diamant pur. Nous avons estimé que vu les dons qu’a suscité son enterrement nous pouvons utiliser ce joyaux pour la ramener. Mais il nous faut également du sang et malheureusement il aurait été trop risqué de lui en prélever plus que ce qu’elle a perdu, elle pourrait remourir juste après être revenue. C’est pour cela que nous avons besoin de vous…

- Combien vous en faut-il ?

Demanda le jeune homme décidé. Son cœur battait à tout rompre à mesure que des solutions se présentaient. Le prêtre sourit et fit signe de le suivre dans la pièce d’à coté. D’autre prêtres amenèrent le corps sans vie et le déposèrent délicatement sur un petit autel, les ailes tombant à terre. Un petit bénitier fut déposé entre se mains et des bougies allumée tout autour d’elle. Le prêtre se saisit d’un petit diamant et tous se mirent à prier. « Oh grand dieux bienveillant, accorde à ton humble servante Avrona la rédemption et laisse lui revenir en son corps si elle le désire, pour elle nous t’offrons le sacrifice du sang ». D’un signe de la main le prêtre tendit un couteau d’argent à Alister qui se pencha sur la coupe, après un regard implorant à l’ange il se coupa la paume de la main dans une grimace courageusement masquée. Tandis que le sang s’écoulait les prêtres continuèrent « Pour elle nous t’offrons le sacrifice des richesses terrestres » Le haut prêtre déposa le diamant dans le sang et, approchant une torche, il mit feu au contenu de la coupelle qui, contre toute attente, flamba doucement, dégageant une fumée d’un bleu très doux. Les prêtres murmurèrent des paroles en draconique qu’Alister ne comprit pas.

Plusieurs heures s’écoulèrent et le sang ne c’était toujours pas entièrement consumé. Dans la pièce d’à coté quelques soldats exigeait de voir l’ange contre l’avis d’un ecclésiaste. C’est alors que la porte s’ouvrit et qu’Alister, le sourire aux lèvres bien que pâle présenta une Avrona affaiblie mais bien vivante, tenant à peine sur ses pieds grâce au bras puissant du capitaine. Des cris de joie s’élevèrent après les larmes et pour la première fois, on vit la jeune femme rougir et détourner les yeux timidement. Elle adressa tout de même un petit geste aux soldats qui accourraient, alertés par le brouhaha. Le deuil laissa place à une grande fête dont seules Avrona et Ransar ne participèrent pas, l’une par convalescence, l’autre par orgueil. L’alcool coula à flot pour une fois et même les hauts gradés se laissèrent aller à en boire tout en répétant que ce n’était pas correct. Même Alister, affaiblit et fatigué se laissa aller à fêter cela, bien qu’il aurait préféré rester auprès d’elle, elle devait se reposer et il devait prendre son mal en patience. Mais l’alcool n’est pas conseillé à ceux qui ont perdu du sang, et l’hydromel lui monta vite au nez. Il n’était pas le seul, quelques gardes c’étaient mis à danser en chantant, et pour une fois, la barde XIV sembla aussi s’amuser, ou du moins elle jouait du luth. Le commandant quand à lui contait mainte de ses aventures et de ses victoires, plus improbables les unes que les autres. Le seul qui ne paraissait pas à l’aise était le rouquin, il ne buvait pas, ne mangea presque pas et l'attitudes de la garnison à son égard n’était pas encourageante, tous montraient les crocs, près à le dévorer au moindre mouvement. Après tout, il était le fautif. Alister croisa son regard et la hargne qu’il communiqua fut si intense que l’autre ne pu le supporter et baissa la tête. Pourtant, la fête continua de battre son plein et Alister s’entendit même parler de la grâce de sa cousine à son caporal qui ne se priva pas de répondre. A première vue, elle hantait les rêves de beaucoup de soldats mais peu d’entre eux avaient suffisamment de fougue pour bafouer son honneur. Elle était l’emblème de la pureté et Alister finit par se retirer dans sa tente lorsque le sujet arriva sur l’éventuelle possibilité qu’elle soit toujours vierge. Le feu au visage il ôta son armure et s’allongea, cet alcool était vraiment violent ou était-ce le fait d’avoir pensé à cela ? A cette idée il sentit une nouvelle bouffée de chaleur l’envahir et traversant des rêves plus ou moins tendancieux, il finit par s’endormir, un sourire gêné aux lèvres.

Lorsqu’Alister se réveilla le lendemain l’heure était déjà bien avancés, pourquoi le clairon n’avait-il pas sonné l’aube ? La réponse lui sauta aux yeux en sortant de sa tente, le camp était sans dessus dessous et le clairon, la bave aux lèvres semblait toujours rêver des pintes qu’il avait dans le sang. Nombre de soldats dormaient et même les gradés, bien que réveillés, se tenaient la tête comme si elle avait été alourdie par la soirée, certain questionnaient même leur camarade sur les événements, ne se souvenant de rien. Le jeune homme revint vers les tentes mais fit un léger détour. Il fut étonné, de ne voir personne devant la tente de sa cousine, personne pour l’houspiller et le renvoyer ? Il guetta les alentours mais personne ne semblaient le voir et, prenant son courage à deux mains, il se faufila dans la tente. Son armure était sur son présentoir, à première vue, les femmes de la réserve l’avaient nettoyée pour l’enterrement. Elle était là, dans son lit, dormant paisiblement, les mouvements réguliers de sa poitrine réconfortant et soulageant le jeune homme qui s’installa à son chevet. Elle dormait de coté, le visage posé sur ses mains jointes, derrières , ses ailes frissonnaient et étaient parcourues de spasmes fébriles alors qu’elle rêvait. Alister ne pu s’empêcher de sourire et continua à la regarder. Quelques minutes plus tard elle poussa un soupire et cligna des paupières. Elle regarda le jeune homme comme si elle ne comprenait pas et finit par se redresser doucement.

- Comment vous sentez-vous ?

- Ça va aller… Ne vous en faites pas.

- Vous nous avez vraiment fait peur vous savez.

- Je suis désolée mon capitaine je…

- Allons allons, appelez moi Alister, je ne suis pas là en temps que votre supérieur mais en temps que… euh… Qu’Alister quoi.

- M… mais vous restez mon supérieur capitaine !

- Haaaa… Bon… Lorsqu’on est tous les deux, vous m’appellez Alister… C’est un ordre.

Avrona resta bouche bée et finit par tourner la tête, troublée par cet ordre qui bouleversait tout son langage. Elle finit par avoir un soubresaut, venant de se souvenir d’un élément important.

- Mais au fait, que faites vous dans ma tente ?

- Je venais voir comment vous vous remettiez, j’en ai assez qu’on me tienne à l’égard de vous lorsque quelque chose cloche, Ransar est déjà suffisamment barbante.

- Mais ça ne se fait pas de rentrer dans la tente d’une jeune femme ainsi !

- Bien je m’en vais alors…

Fit-il feignant de s’éloigner. Il fut rattrapé par main du bout des doigts par une main tremblante et faible.

- Non… c’est pas ce que je voulais dire mais cela surprend un peu… C’est la première fois qu’un homme entre dans ma tente alors que je dors, c’est assez effrayant.

- N’ayez crainte, je jure sur mon sang que je ne vous ferais jamais de mal.

Il approcha doucement sa main du visage de la jeune fille qui eut un léger mouvement de recul mais, bien que visiblement nerveuse, elle laissa sa joue s’accoler à la paume de son cousin. Elle ressemblait plus à la Lunadea qu’il connaissait. Elle finit par fermer les yeux et peu à peu sa respiration se tranquillisa. Elle murmura

- Puis-je vous confier quelque chose ?

- Oui tout ce que vous voudrez…

- Pendant que j’étais… partie… J’ai rêvé… je crois…

- De quoi avez vous rêvé, dites moi ?

- C’était tout blanc… On aurait-il que je flottait dans de l’eau et… Il y avait des hommes habillés de blanc… Ils disaient que je mourrais. Mais je ne voulais pas…

Ces hommes en blanc, était-ce possible qu’il s’agisse des scientifiques ? Et l’eau dans laquelle elle était, était peut-être sa cuve ? Alors elle allait vraiment mourir dans la réalité aussi ?

- Mais ensuite j’ai entendu votre voix… Continua-t-elle.

- Vous me suppliez de revenir… Et vous me disiez que vous…

Mais la fin de la phrase ne sortit pas, elle sembla restée bloquée dans la gorge de la jeune femme qui avait rougit sur le coup. Mais Alister en connaissait la teneur et rougit à son tour.

- Vous… Avez donc entendu, pour votre gouverne je crois que d’autres soldat vous ont aussi fait des confidences telles.

- Mais… Je ne les ai pas entendues…

Elle n’osait le regarder mais étrangement, Alister sentit une vague de bonheur l’envahir, elle l’avait entendu à lui, personne d’autre, juste lui. Il lui caressa la joue et tourna son visage vers le sien.

- Reposez vous d’accord, et si vous avez besoin de moi, pour quelques raisons que ce soit, faites moi quérir.

Il lui adressa un sourire et se dirigea vers la sortit.

- A… Alister…

Fit une voix timide dans son dos, étrangement son prénom prononcé ainsi par cette voix le faisait frissonner de bonheur. Il se retourna.

- Merci… Je suis heureuse de vous avoir entendu…

Il lança un sourire gêné et sortit, ou plutôt s’enfuit, il était toujours difficile de parler de ce genre de confidence alors que la personne n’était pas censé entendre. Il croisa Ransar qui, arborant un magnifique sourire mesquin lui envoya une pique qui passa littéralement au dessus du guerrier, il ne l’entendit même pas et partit s’enfermer dans sa tente.

Il ne ressortit que pour manger et, à son étonnement, Avrona était là aussi, elle avait revêtu une armure d’apparat afin de ne pas trop la faire chanceler mais aussi pour être présentable face aux hommes. Elle s’installa à une place et fut encerclée par quelques femmes pour la « protéger ». Lui-même fut écarté et il dû s’assoir à coté du commandant qui passa son repas à lui venter les mérites d’Avrona pour la légion. Mais tout ce qui importait au capitaine était les petits regards discrets que lui lançait sa cousine, rougissant à tous les coups et lui, se gardant bien de rire de plaisir à cette vision, cela ne ferait que l’effaroucher. Le repas lui parût pourtant interminable et lorsque tout le monde se leva, il bondit de sa chaise et se dirigea vers sa cousine mais fut intercepté par la jeune femme aux cheveux argent.

- Puis-je vous parler quelques minutes ?

- Pas vraiment non…

- Dommage, si vous n’avez rien à faire de la sécurité de votre chère ange.

Alister la traina entre deux tentes, à l’abris des oreilles indiscrètes et lui lança un regard interrogateur.

- Je vois bien votre petit jeu mon grand, mais je vos déconseille d’aller plus loin avec Avrona.

- Et… pourquoi donc je vous prie ?

- Parce que vous êtes d’une mauvaise lignée cher ami… Vous êtes du sang du seigneur des ténèbres, et bien que cela m’est égal pour ma part, je doute que notre armée soit du même avis.

- Comment ça je suis du sang du seigneur noir ?

- Vous avez même oubliez ça ? Votre mère vous a enfantée après avoir été violée par le Destran, le seigneur noir, Général et Roi de l’armée du chaos. Vous êtes un cambions Alister, vous n’avez pas le moindre lien de sang avec elle, elle est la fille d’un humain et d’un elfe ailé, et vous êtes le rejeton d’un roi noir et d’une humaine épouse de son oncle… Alors croyez moi, ce n’est pas par pur plaisir que je l’éloigne de vous, mais que croyez vous qu’il se passerait si d’aventure elle mettait au monde un demi-fielon ?

Alister ne savait que dire, en effet cela restait problématique même s’il n’avait jamais pensé à cette hypothèse. Il ne dit rien et Ransar prit simplement congé. Il la regarda s’éloigner, se demandant si elle était réellement aussi inhumaine qu’il l’avait pensé.

Il revint vers les hommes et évita l’ange du regard, il devait réfléchir et vite. Il passa son après midi à errer dans le camp afin que si quelqu’un le cherchait dans sa tente il ne puisse le trouver. Mais le soir arrivant, il fut contraint de retourner à ses quartiers, en passant il l’aperçue tout de même, elle parlait à quelques uns de ses hommes. Ils partit dans sa tente et se rinça le visage dans la cuve d’argent. L’eau était fraiche, peut-être cela lui remettrait les idées en place. Il tourna en rond un bon bout de temps avant d’entendre un léger froissement de toile, Avrona venait de pénétrer dans sa tente, en peignoir, semblant être poursuivie par quelqu’un.

- Pardonnez mon intrusion mais… Puis-je me cacher ici quelques minutes ?

- Heu… oui bien sur mais que ce passe-t-il ?

- Rien de grave ne vous en faites pas, juste une petite leçon à notre nouveau prêtre… Une dizaine de soldat prennent du bon temps avec lui je crois…

- Que… Quoi ? Vous ne le leur avez pas laissé en pâture non ?

- Pourquoi pas ? A la guerre comme à la guerre, nos hommes n’ont pas eut de bon temps depuis un certain temps et cela leur sera bénéfique… Quand au rouquin, j‘espère que ça lui servira de leçon.

- Tout de même, moi qui comptait l’étriper, il aurait peut-être mieux fallut pour lui le pauvre.

- Oui peut-être… Je dois sans doute être diabolique parfois.

Finit-elle en riant doucement. Mais Alister lui, baissa la tête. S’il y avait quelqu’un de diabolique, c’était bien lui. Il se laissa tomber sur son lit et poussa un soupir. C’est alors qu’une main douce se posa sur les siennes.

- Est-ce que tout va bien ? Vous paraissez accablé…

Alister ne répondit pas, mais il plongea son regard dans le sien, si seulement elle pouvait comprendre par elle-même, si seulement elle pouvait savoir ce qu’il était mais ne rien changer, mais cela était sans doute égoïste, elle se battait contre le chaos depuis des années et cette armée démoniaque lui avait pris sans doute plus qu’il n’en savait. Elle ne lui répondit que par un sourire compatissant et gêné. Que pouvait-il se passer, de toutes façon, s’il ne trouvait pas un moyen de sortir de cette histoire, il risquait de ne jamais pouvoir vivre tel qu’il l’aurait voulu. D’un geste délicat il écarta les mains de la jeune femme et se blottit contre elle, la tête sur son ventre alors qu’elle poussait un petit cri.

- C… Capitaine ?! Que faites vous ?

- Quelques secondes, je vous en prie, laissez moi, quelques secondes ainsi…

Elle ne dit rien mais ne l’écarta pas pour autant, elle posa simplement une main douce dans les cheveux blonds de l’homme, ses ailes vacillant légèrement par ses tremblements.

- Qu’avez-vous donc ? Je ne vous ai jamais vu aussi triste… Alister.

Le jeune homme frémit, il grelotta légèrement avant de lui demander.

- Avrona, si d’aventure je n’étais pas aussi bon que je le voudrais, me haïriez vous ? Si j’étais quelqu’un de mauvais en réalité… Vous éloignerez vous de moi ?

La jeune femme se statufia, elle le toisa légèrement et répondit lentement, comme pesant ses mots.

- Pourquoi dites vous cela capitaine ? Avez-vous fait quelque chose de mal ?

Il ne sut répondre, c’est vrai, avait-il quoi que ce soit à se reprocher ? Avait-il comploté ? Non, il ne le pensait pas, mais son soi-disant sang, bien qu’il ne l’ai pas choisit faisait de lui un ennemi. De longs doigts fins vinrent décoller son visage et lui fit lever les yeux vers ceux de la jeune fille. Elle lui sourit et termina.

- Quoi que vous fassiez, je ne vous laisserais pas, et si vous vous égarez, je vous aiderai à retrouver le droit chemin… Vous êtes quelqu’un de bon, je le sais, ne l’oubliez jamais…

Sur ce elle lui déposa un léger baisé sur le front et s’écarta de lui pour sortir. Il resta seul vide, ne sachant trop s’il était soulagé ou mort de peur. Il passa une bonne partit de la nuit à se torturer l’esprit, cherchant comment déjouer le destin qu’on lui avait attitré.

Au petit matin, le clairon sonna, et Alister se retrouva étendu à terre, il devait-être tombé de sa couche durant la nuit. Il se redressa tant bien que mal après la mauvaise nuit qu’il venait de passer et sortit une fois habillé. Le soleil, bien que rasant, était toujours aussi meurtrier et beaucoup se dirigeait déjà vers la cantine. A contre cœur et l’estomac noué, le jeune homme les suivit et prit part au petit déjeuné mais sans rien avaler. Avrona, à l’autre bout de la pièce paraissait inquiète et ne cessait de l’observer d’un air tendu.

- Réunion tactique dans cinq minutes !

Annonça le capitaine March. Au moins il penserait peut-être à autre chose et, se levant d’un geste lent et las, il se rendit à la tente de commandement.

- Nos éclaireurs nous annoncent que Destran prendra part au combat ce soir, leur armée est en route et elle arrivera sur le champ de bataille à la tombée de la nuit… J’ai fait envoyer des messager et les armée du commandant Bel et du commandant Stratenwäld arriveront environs deux heures avant. La réunion dura plusieurs heures, beaucoup de temps perdu en bavardage puisque le plan était on-ne-peut-plus-simple… Une bonne bataille rangée. Les questions les plus longues ayant été : « Est-ce que le capitaine Alister est en état de se battre » réponse finale « oui » ; « est ce que le capitaine Klan est en état de se battre » réponse finale bien que controversée « oui » et enfin « Avrona est-elle en état de se battre » réponse « non mais comme on en a besoin les prêtres devront faire un miracle pour la remettre sur pied à temps ». C’est ainsi, qu’après quelques protestations de l’ange qui ne manqua pas de bien faire sentir sa colère, elle fut emmenée au temple pour lui prodiguer une multitude de soins. Le reste de la journée fut sans intérêt, Alister enchaina les soins, les temps de repos et les entrainements. L’armée était prête à combattre, étrangement tout le monde semblait ravis de cette bataille, pensant que c’était la dernière. Mais Alister avait un mauvais pressentiment, quelque chose clochait et plus le soleil descendait, plus cette impression se faisait intense. Vers le milieu de l’après midi, les gardes annoncèrent l’arrivée des deux autres armées, le camp devenait trop petit, mais cela ne durerait pas, bientôt, tout ce beau monde se mettrait en marche vers le champ de bataille. En attendant, les soldats affaiblis par la chaleur hors pair du désert furent pris en charge, de grandes tentes furent dressées pour une once d’ombre rafraichissante et de l’eau offerte à tous. Avrona finit par sortir du temple, portant enfin son armure réelle, elle se mêla aux hommes et dû repousser pas mal de personnes voulant être bénis de ses mains. Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’ils voyaient une miraculée. Elle se contenta de faire une prière à voix haute, demandant la protection du dieu dragon. Enfin, chaque division se prépara, harnacha ses chevaux et attendit les ordres. Alister n’avait jamais été à l’aise sur un cheval, bien que les faiseurs l’eurent entrainé, cette demi-tonne de chaire ne lui inspirait guère confiance. Il jeta un œil à Avrona qui attendait l’ordre de mouvement, tiens ? Son tigre n’était pas là. Le jeune homme questionna le caporal qui lui répondit avec un soupçon d’amertume.

- Il a succombé à ses blessures en voulant la sauver, même si personne ne s’en est soucié, il est mort en héros mais je crois que le Sergent se sent coupable.

C’est vrai… Alister ne savait pas ce qu’était ce tigre, un compagnon d’arme ? Un animal dressé ? toujours est il qu’il était mort et que personne n’avait prit le temps de l’enterrer, ou même de prier pour sa rédemption, ce n’était qu’un animal après tout non ? Mais le jeune homme se souvenait encore l’avoir caressé, avoir entendu son grognement affectueux. Il joignit les mains quelques secondes afin d’adresser quelques mots à un dieu, lequel ? Il ne savait pas, sans doute la déesse de la nature était-elle appropriée. Un cri le tira de ses pensées et le cortège se mit en route. Il espionnait Avrona du coin de l’œil, elle n’était apparemment toujours pas prête à combattre, elle passait régulièrement sa main sur son ventre de façon discrète, une grimace de douleur se peignant parfois sur son visage. Ils traversèrent la colline rocheuse portant toujours les marques de combats sanglants et arrivèrent en plein désert. En face, on pouvait déjà distinguer la poussière qui annonçait l’arrivée imminente de l’armée ennemie. Les commandants parlèrent aux troupes, tentant de leur donner le courage nécessaire, Avrona elle-même profita de la fin du discours pour rassurer la division entière. A Gauche, à l’autre bout de leur armée, Ransar n’était qu’un point parmi d’autres. Bientôt les premières hordes du chaos firent leur apparition. Des masses de gobelin, ogres et trolls se présentaient, mais ils n’étaient pas les plus inquiétants, les aberrations hurlantes et les démons chasseurs était nombreux, et Alister craignait que peu de soldats ne soient en mesure de les vaincre. Les commandants levèrent leurs épée, les archers et magiciens se mirent en place, Ransar en faisant partit. Tout semblait s’être arrêté, nul n’osait faire le moindre mouvement, espérant que cette bataille n’aurait jamais lieu, pourtant l’armée du chaos se décida et, dans un grand cri bestial chargé de haine et de colère, se rua sur les troupes. Les épées s’abaissèrent et une nuée de flèches s’abattit en pluie, la chaire à canon du camp ennemi tombait peu à peu sous la pluie de feu qu’invoquait les mages, Ransar créant des explosions de ci de là. Un second ordre fut donné et la charge fut imminente. Le mot d’ordre ? Pas de survivant… Avrona abandonna son cheval en pleine charge pour s’attaquer aux monstres volants, aidée des archers. La charge se voyait parfois contrainte de changer de cap, encombrée par des cadavres de wivernes qui peu à peu venaient s’écraser au sol, ou parfois les corps d’un ou deux soldats. L’ennemi se rapprochait à grande vitesse et le choc allait être pénible, Alister craignait pour cette bataille, habituellement, ce n’était que des rêves sans incidence qu’il faisait mais là, il pensait vraiment pouvoir mourir. Dégainant son épée, il finit par occire pour la première fois un corps, non-humain, c’est vrai, mais il pu ressentir une montée d’adrénaline en sentant la chair meurtrie, en entendant le bruit sourd du corps encore parcouru de spasme s’écraser sur le plastron de son destrier. Ce fut une effusion de sang, dans chaque camp les pertes étaient énormes et nul ne pouvait prédire l’issue de la bataille. Mais peu à peu, une question vint à l’esprit des hommes, où était le seigneur noir ? Ne devait-il pas participer au combat ? Mais ils avaient beau chercher, il n’y avait aucun signe de lui, les informateurs s’étaient trompés. Les trolls finirent en déroute, et, courant comme ils le pouvaient derrière les chasseurs, ils furent bientôt hors de portée. Le combat prenait de plus en plus de difficulté, ces araignées de cinq mètres de haut tranchaient l’air de leur pattes en forme de faux. Mais l’armée ne se laissa pas impressionner et bientôt, elles aussi tombèrent sous la puissance de feu des magiciens. Le combat semblait gagné et alors que les dernières araignées mourraient. Alister regarda Avrona qui commençait à redescendre doucement du ciel. Soudain deux wivernes se relevèrent et agrippèrent l’ange l’emportant vers leur maitre dans un cri semblable à un rire rauque. Ces créatures étaient plus intelligentes que prévu, elles avaient feint la mort et profité de l’ouverture. Les cris des soldats se firent entendre à mesure que les silhouettes s’éloignaient, l’une d’elle se débattant furieusement. Alister sentait sa haine grandir, comment avaient-ils pu se laisser berner aussi sottement ! Elle allait à nouveau mourir, et vue l’allure à laquelle ces créatures volaient, l’armée n’arriverait jamais à temps pour la sauver. Cette fois encore il l’avait abandonnée, il l’avait laissée à la mort et seuls les dieux pouvaient savoir qu’elles souffrances Destran pouvait lui réserver. Poussant un cri de rage, le jeune homme s’effondra. Que pouvait-il faire ? Il ne pouvait pas rentrer au camp ainsi en la laissant, il fallait qu’il réagisse, son regard brillait d’une lueur pleine de haine et, manœuvrant sur son cheval il retourna vers le commandant au galop qui hurlait de bonheur d’avoir gagné la bataille.

- Commandant, je voudrais poursuivre l’ennemi tant qu’il est faible, Destran à perdu une partie de son armée, il est donc affaiblit.

- Oui, vous avez raison Capitaine, l’armée va soigner ses blesser et faire route vers la citadelle. Répondit le vieil homme contre toute attente, mais cela ne semblait pas convenir au jeune homme.

- Mais on ne sera jamais là bas à temps pour sauver Avrona ! Il faut partir tout de suite !

- Non ! nous ne pouvons déjà plus rien pour elle ! Et il est hors de question de vous envoyer à la mort ainsi !

Alister avait beau argumenter, rien n’y faisait, c’était sans compter sur une voix féminine faisant son apparition dans la conversation aussi improbable qu’inattendue.

- Si je puis me permettre mon Commandant, une unité réduite pourra profité de la discrétion qu’une armée n’a pas, pour récupérer un… soldat cela pourrait fonctionner, le tumulte de fin de bataille pourrait très bien les camouffler…

- Mais enfin Capitaine Ransar, voudriez vous qu’il se face tuer ?

- Hum… Qui sait ? Répondit la femme aux cheveux argent avec un sourire mesquin, ou peut-être que je pense qu’une attaque aussi suicidaire ne peut que marcher…

Le silence s’instaura, un silence infime mais qui paru si long aux oreilles d’Alister que son cheval trépignait. Finalement le Commandant tourna la tête d'un geste agacé et fit un léger signe d'approbation de la main. La monture fit un demi tour accompagné d'un hennissement de douleur et partit au triple galop. Alister ne se posait pas de question sinon est-ce qu'Avrona était toujours vivante, mais des voix et des bruits de sabots le tirèrent de sa réflexion, son unité c'était joint à lui dans cette mission suicide et lui criait de les attendre, qu'ils lui porteraient main forte quoi qu'il arrive. La dévotion de ces hommes était donc sans limite ? Le jeune homme en eut le cœur serré mais, lorsqu'ils l'eurent rejoint, les bruits de sabots labourant le sol se firent plus rapides encore.

Au bout de plusieurs heures de course, la citadelle se dressait devant eux et comme prévu, elle ne présentait que très peu de gardes, les troupes restantes s'étant retirées dans un gouffre plus au nord. Alister n'avait aucun plan d'attaque mais ses hommes choisirent pour lui, compte tenu de sa nervosité.

- Nous attaquerons la porte secondaire, si nos informations sont exactes, elle sert surtout aux esclaves, il faut être discret et lorsque cette entrée sera sécurisée nous pourrons entrer dans la citadelle. Si nos informations sont exactes là encore, Destran devrait se trouver tout en haut de la tour sud, le sergent devrait y être aussi sauf si elle est confinée au cachots… dans ce cas là elle serait aux seconds sous sols ouest.

Alister n'avait que trop attendu et ordonna la mise en place du plan immédiate. Ils laissèrent les chevaux à un soldat plus mal en point que les autres afin de repartir rapidement si tout cela tournait mal. Les douze hommes s'avancèrent vers là dite porte où deux gardes se disputaient une esclave elfe. L'alerte n'eut pas le temps d'être passée quand les hommes plus enragés que leurs adversaires les mirent à terre et leur assena le coup fatal. Mais rien n'était joué, cette citadelle était un vrai labyrinthe d'escaliers et de couloirs, de portes et de salles en tout genre. Deux soldats s'affublèrent des costumes d'ogres, les ogres étaient stupides, cela pouvait marcher, au moins coté odeurs. Leur progression fut lente et ponctuée de combats les plus silencieux possibles mais arriva une intersection, à droite les cachots du sous sol ouest et tout droit l'escalier menant à la tour sud. Ils se divisèrent en deux groupes, six allant visiter les cachots et cinq montant voir Destran, menés par Alister. Les escaliers étaient sombre et leur pas quoi que les plus légers possibles raisonnaient dans la pénombre. Alister se tenait en tête de file, son épée à la main luisante à chaque torche, soudain un cliquetis se fit entendre derrière et une salve de flèches provenant d'un mur vint se loger dans le dernier soldat qui s'effondra dans un bruit d'armure et de sang recraché, ses camarades se précipitèrent sur lui en murmurant son nom, cherchant un pouls si faible qui finit par se taire. Alister ne connaissait même pas son nom, mais de ce qu'il entendait il avait une femme et une petite fille qui l'attendaient dans une ville du sud ouest. Mais rien ne le leur rendra, il s'était éteint pour toujours. Alister entendit cependant un bruit à l'étage et, laissant ses soldats s'occuper du défunt, se précipita au sommet.

Là, sous son regard discret caché par un angle de mur de pierre, une scène à retourner le cœur avait lieu. La grande pièce circulaire présentait des dizaines d'outils de torture plus ensanglantés les uns que les autres, au fond Avrona était enchainée par la gorge au mur, ses ailes dépliées clouées à quelques planches en quinconce, son armure éparpillée un peu plus loin était brisée par quelques gobelins ricanants et hurlant de plaisir. Alister s'approcha doucement, gardant un œil sur les créatures maléfiques qui semblaient s'amuser comme des petites folles à briser une armure de l'armée. Il n'était plus qu'à quelques mètres de sa cousine quand la porte se ferma derrière lui, se retournant il aperçu un homme habillé de noir et de rouge, d'une longue robe, sa longue cane au pommeau en argent camouflait difficilement la longue lame insérée dans le fourreau.

- Alister… Cela fait si longtemps… J'ai mis du temps pour choisir les vêtements dignes de nos retrouvailles.

- Libérez la ! Si c'est moi que vous vouliez, je suis là alors relâchez la !

- Mon enfant, fit le vieil homme avec un sourire ravi sans sembler entendre la requête du jeune homme, cela me rempli de joie que tu sois revenu vers moi, même si mon invitation était quelque peu inhabituelle. Laisses moi te regarder, demanda-t-il en avançant sa main vers le visage du soldat.

- Ne me touchez pas ! Hurla le jeune homme en se dégageant d'un geste de la main et brandissant son épée, je ne suis pas votre objet !

La réponse ne sembla pas convenir à Destran qui, contournant le soldat d'un pas rapide vint se placer à coté d'Avrona, lui relevant le visage. Elle finit par ouvrir les yeux et murmurer ”Alister” d'une voix triste. Destran tira sa lame droite de sa cane et vint l'accoler à la gorge de la jeune femme sous les cris réprobateurs du Capitaine.

- Je vais te faire une offre, rejoint moi et je t'offre cette femme, elle t'appartiendra et aucun mal ne lui sera fait tant que tu le désireras bien sur…

- Allez au diable, pourquoi me joindrais-je à vous ?

Tout ne se passa qu'en une fraction de seconde, Destran grimaça et d'un geste colérique arracha l'aile droite du sergent qui hurla toute la douleur de son corps, cambré par la souffrance que lui offrait sa chaire déchirée et ses os broyés écartés de son corps. Ses mains liées furent parcourues de spasmes à mesure que son sang se répandait sur son dos puis le sol froid de la tour, son souffle haletant interrompu de hoquets sanglants. Alister trembla, la voir souffrir ainsi était insupportable, il se souvenait avoir crié mais ne savait pas si un son quelconque était sortit de sa gorge nouée. Il ne pouvait pas bouger, sous le choc, incapable de se ruer sur cet homme tortionnaire, son seul réflexe aurait été de se jeter sur la jeune elfe ailée pour lui porter secours mais comment ? Ses jambes ne le portaient pas, elles vibraient de peur de voir sa bien aimée mourir ainsi.

- Ma parole, que tu es têtu ! Cette femelle n'est même pas ta cousine de sang alors pourquoi la préférer à ta propre famille ?

- Vous n'êtes pas ma famille, répliqua le jeune homme d'une voix faible, les yeux rivés sur ceux d'Avrona qui le suppliaient.

- Allons, au fond de toi tu le sais… Pourquoi as tu peur de l'avouer ? Destran fit une légère pause avant un éclair de compréhension dans son regard, c'est elle… Tu as peur qu'elle l'apprenne ! Ha ha… Mais enfin elle ne peut rien contre toi ? Si elle s'enfuyait, te haïssait qu'est ce que ça changerait ? Elle sera à toi !

- Avrona n'est pas un objet ! Libérez la immédiatement.

- Allons c'est ma monnaie d'échange, tiens et si nous faisions le test ? Si nous lui disions tout histoire de voir comment elle réagit ta chère elfe ? Cela pourrait être amusant.

- Silence taisez vous ! Je ne veux pas ! Fit le soldat, plaquant ses mains sur ses oreilles.

- Capricieux qui plus est, après tout c'est ton sang qui veut ça, j'aime ça, ton sang est plein de chaos, non pardon, c'est le sang du chaos pur…

- Arrêtez ! ne parlez plus !! Implora-t-il hurlant de plus en plus fort, ne cessant d'interrompre le roi.

- Tu es un demi-démon grâce à moi ! tu es l'héritier de l'armée du chaos, tu es mon fils et tu le seras toujours quoi que tu dises, tu auras toujours ça dans le sang !

Alister était anéanti, il était tomber à genoux sous les cris de son géniteur, la mise à nu de ses origines signait son arrêt de mort, mais ce n'était pas cela qui lui faisait le plus peur, son regard le terrorisait, le regard de la femme qui l'aimait, plein de dégout sans aucun doute, plein de colère surement, il n'osait pas le croiser, il ne pouvait tout simplement pas la regarder.

- Allons fils, pourquoi t'effondres tu ainsi ? Tu es prince ! Réjouis toi… Tu auras toutes les femmes que tu désires.

Mais Alister ne sembla pas de cet avis et, se ressaisissant, tenta d'assener un coup puissant à Destran qui recula et pointa à son tour son arme sur son fils.

- Je vois… Tu es décidé à mourir ainsi… Je savais bien que j'aurais dû t'enlever à ta naissance, ce… pays de paix t'a ramolli à un point incroyable… En même temps si tu me tues tu seras digne de prendre ma succession, prince…

- Toi et ton armée allez mourir aujourd'hui même…

Le combat fut épique et violent. Alister sauta sur le seigneur du chaos dans un cri de rage et fut accueillit par une lame aiguisée comme un rasoir, un peu de sang tomba de la joue du jeune homme qui ne sembla pas s'en soucier, retournant à la charger. Les échanges de coups plus puissants et fourbes les uns que les autres emplissaient la salle de bruits de métaux entrechoqués, Alister voulait le voir gisant au sol, dans une marre de sang, il ne pensait qu'à se venger, à venger Avrona,à le tuer, il ne voulait que le tuer. Mais c'était un adversaire hors norme, sa force était telle que le soldat pliait sous chaque coup que lui portait son père, dans un mouvement, Alister parvint à avoir une ouverture, directement à la gorge de son assaillant mais Destran utilisa sa main gauche, des éclairs jaillirent et le jeune homme fut propulsé à l'autre bout de la salle. Plu le combat durait plus l'issue était incertaine. Il ne fallait pas perdre, il ne fallait pas mourir ! Alister empoigna son épée et, dans un coup magistral toucha l'épée du roi, envoyant celle ci plus loin et Destran reculant de quelques pas. Mais le combat n'était pas finit et ce n'était pas parce qu'il n'avait plus de lame qu'il était moins dangereux, les éclairs fusaient dans toute la pièce, et Alister n'avait d'autres choix que de les éviter, ils étaient bien plus puissants que celui qu'il avait encaissé. Il se rapprochait peu à peu mais Destran reculait pour ne pas être à portée soudain Alister se jeta sur lui, l'épée en avant alors qu'un éclair était prêt dans la main du tyran.

Tout c'était figé, Alister ne croyait pas ce qu'il c'était passé. Tout c'était passé si vite, il lui avait sauté dessus et Destran avait reculé pour l'évité mais sa propre lame l'avait embroché dans l'abdomen. Avrona, agenouillée derrière c'était propulsée en avant au dernier moment, arrachant sa dernière aile dans un bruit de déchirement odieux et avait saisis l'arme et, les mains jointes avait porté le coup décisif. L'épée d'Alister avait terminé le travail en s'engouffrant directement dans la gorge du roi, descendant vers ses poumons et son cœur. Le corps remua encore quelques secondes sous les coups des nerfs encore valides puis il s'écroula. Alister se tenait debout, droit comme un prince, face à lui, le corps de son père et Avrona, agenouillée et les mains liées, la tête baissée. L'instant ne dura que quelques secondes mais une éternité s'écoula à nouveau dans l'esprit du jeune homme. Soudain Avrona s'effondra à terre, épuisée par la douleur, il se pencha sur elle, la prenant dans ses bras tachés de sang, vibrants de fatigue morale. Il la supplia de revenir, de ne pas le laisser. Si elle partait qu'adviendrait-il de lui ? Que se passerait-il ? Serait-il à nouveau seul, à rester dans sa cuve si elle mourrait ? Mais elle finit par reprendre ses esprits.

- N'ayez crainte, vous n'avez rien à vous reprocher…

Sa voix était si faible qu'un souffle aurait pu la couvrir, Alister bégaya mais finit par articuler.

- Vous l'avez entendu… Je suis un prince du chaos… Et je crains que cela ne soit vrai…

- Je le sais… depuis bien longtemps Alister, répondit la jeune fille dans un sourire douloureux, au grand étonnement du jeune homme, votre mère… C'est elle qui me l'a confié sur son lit de mort… Elle m'a demandé de vous protéger… De ceux qui ne verraient en vous qu'un sbire du chaos, de ceux qui voudraient mettre la main sur vous…

- M… Mais… Vous… Fit Alister désorienté, je suis l'ennemi ! Je mériterai la mort pour éteindre cette honteuse lignée…

- La lignée… Le sang… Cela ne fait pas tout dans une vie, ce qui compte sont vos choix… Qu'allez vous faire ? Prendre le trône de votre géniteur ou suivre l'enseignement de votre père adoptif ? Nul ne saura votre lien de sang et vous serez accueillit en héros, l'homme qui a vaincu le chaos…

Alister n'en pouvait plus, le sommeil commençait à le gagner, entre la course poursuite, la torture que lui avait infligé les ailes d'Avrona, la bataille finale contre Destran, tout ceci l'avait éprouvés au plus haut point. Il finit par demander.

- Rentrons Luna… Je t'en prie…

Elle ne répondit pas, mais son tendre sourire fut la dernière image qui lui parut de ce voyage.

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MessageSujet: Re: Ya tout un monde dans ma tête !   Ven 27 Jan - 20:57

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